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Briançon - Alpe d’Huez, un classique du Tour de France

Feu d’artifice en ce jour de fête nationale sur les routes du Tour de France. Pour ce 14 juillet 2022, les organisateurs ont décidé de servir aux coureurs un menu copieux avec le col du Galibier (23 kilomètres à 5,1%) en entrée, le col de la Croix-de-fer (29 kilomètres à 5,2%) en plat principal et la mythique ascension finale vers l’Alpe d’Huez (13,8 kilomètres à 8,1%) en dessert.

La Grande Boucle fait halte dans la station iséroise pour la trentième fois de son histoire, soixante-dix ans après l’arrivée inaugurale remportée par Fausto Coppi. Parmi les vingt-neuf premières arrivées, deux d’entre elles avaient comme point de départ Briançon. La sous-préfecture des Hautes-Alpes, habituée du Tour de France, est la ville-départ de l’étape reine de l’édition 2022, en direction de la station de ski iséroise. Ce fut déjà le cas en 1986 et 1989, sur un parcours similaire au mètre près. Mythiques, ces deux étapes donnent un indice de ce à quoi pourrait ressembler l’étape du jour.

1986 : Hinault et LeMond main dans la main

Il y a trente-six ans, Bernard Hinault disputait son dernier Tour de France. Distancé la veille par son coéquipier Greg LeMond sur les pentes du Granon, le « Blaireau » avait cédé son dernier maillot jaune au Californien, devenant lui-même le premier coureur américain à endosser cette prestigieuse tunique. Blessé au genou mais bien décidé à mettre sous pression son nouveau leader lors de ce qui semble devenir ostensiblement une lutte interne, le Breton lance la course dès le sommet du Galibier. Dans la descente, les deux hommes s’en vont. Ils creusent l’écart, et distancent Urs Zimmermann, futur troisième du Tour et menace la plus évidente pour la formation La Vie Claire.

Partis à deux dans un rush de plus cent kilomètres, ils offrent aux suiveurs un mano-à-mano inoubliable et repoussent le Suisse à plus de cinq minutes, loin derrière. Dans l’interminable col de la Croix-de-fer, Hinault et LeMond prennent définitivement le large. Ils conclurent ensuite cette formidable séquence par un simulacre de réconciliation dans les derniers hectomètres de l’étape, savamment orchestré par celui qui était aux manettes, l’inévitable Bernard Tapie. Les deux protégés de l’homme d’affaires parisien franchissent la ligne d'arrivée, avenue du Rif-Nel, main dans la main. Hinault, favori du public français, l’emporte. LeMond s’est quant à lui contenté de suivre celui qui lui a ouvert la route au milieu d’une foule résolument hostile. Sa tape sur l’épaule est le symbole d’une passation de pouvoir entre deux champions, deux générations. Mais nul ne saura jamais lequel des deux était en mesure de distancer l’autre en ce 21 juillet 1986. L'Alpe d'Huez est entrée, elle, un peu plus dans légende du Tour.

1989 : LeMond cède son maillot jaune à Laurent Fignon

Trois ans plus tard, la caravane du Tour à de nouveau rendez-vous avec le même triptyque alpin. Au cours de ce Tour de France d’anthologie, les enjeux sont multiples et l’issue de la course indécise. Greg LeMond, déjà protagoniste de l’étape trois années auparavant, est de retour sur la Grande Boucle après l’accident de chasse qui faillit lui coûter la vie outre-Atlantique. Vainqueur du premier rendez-vous chronométré du côté de Rennes en arborant un guidon de triathlète révolutionnaire, l’Américain s’empare de la tunique jaune, puis la cède à Laurent Fignon (lui aussi de retour après des années de disgrâce sur l’épreuve juillettiste) à Superbagnères, avant de le récupérer lors du contre-la-montre en côte d’Orcieres Merlette. Ce chassé-croisé allait se poursuivre au cours de cette dix-septième étape. Supérieur à son rival - et ancien coéquipier - californien dès que la route s’élève, le Parisien mit à profit l’Alpe d’Huez pour faire plier LeMond. Ce dernier courba l’échine à quatre kilomètres de la ligne après une accélération soutenue de Laurent Fignon. Troisième de l’étape, le protégé de Cyrille Guimard retrouve le maillot jaune au sommet de l’Alpe d’Huez, comme il s’en était déjà emparé en ce lieu lors de ces deux Tours victorieux, en 1983 et 1984. Possédant désormais vingt-six secondes d’avance sur LeMond, il augmentera son pécule le lendemain à Villard-de-Lans, avant de perdre la course sur les Champs-Élysées, pour huit secondes éternelles.

La victoire d’étape en ce 19 juillet 1989 revient au Néerlandais Gert-Jan Theunisse. Leader du classement de la montagne, le Batave, qui était échappé depuis le col du Galibier puis parti en solitaire dans la Croix-de-fer, s’impose avec une minute et neuf secondes s’avance sur Pedro Delgado et Laurent Fignon. Le coureur de la formation PDM s’offre un raid de plus de soixante kilomètres pour s’offrir sa première et unique victoire sur la Grande Boucle. Autre fait marquant, il s’agit de la dernière victoire néerlandaise - à ce jour - dans la station qui surplombe l’Oisans. Vainqueurs à huit reprises pour treize arrivées d’étape, les Bataves avaient fait du succès d'étape au sommet de l’Alpe une chasse gardée. S’ils ont délaissé ce sommet aux Italiens dans les années 1990, puis aux Américains (en particulier Lance Armstrong) et aux Français lors des deux décennies suivantes, leurs supporteurs envahissent toujours les lieux avec autant de ferveur lorsque la grande messe de juillet s’aventure dans ces lacets iconiques.

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