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Point de vue

Coronavirus : la petite mort du football

10 mois. 10 mois de crise et deux confinements. Le football est à huis clos depuis la reprise officielle des championnats en août 2020. Jusqu’à quand ? Telle est la question. Impossible à répondre pour le moment.

« Un football sans spectateur est un football sans âme » me disais-je dans ma tête il y a quelques jours. Sans tomber dans la philosophie de comptoir, le football selon ma vision est un sport avec un public et le spectateur en est l’essence même. Pas pour rien qu’on l’appelle le douzième homme…

Quelle horreur de voir ces stades vides, ses travées nues, ses énormes bâches avec le logo du club ou du sponsor officiel posé dans les gradins comme pour recouvrir un court de tennis un jour de pluie…

Et ce silence, écoutez donc ce silence. On entend plus que l’impact des crampons au contact du ballon, les cris des 22 acteurs sur le terrain et les aboiements des deux staffs techniques.

Je ne voudrai pas être médisant, mais pour moi le football que j’ai connu est mort en même temps que la Covid-19 a posé sa griffe sur la planète.

Les hautes instances ont décidé de sacrifier les joueurs, les obligeant à jouer dans des conditions extrêmement compliquées avec un calendrier surchargé et un protocole sanitaire aussi strict qu’inédit. Tout cela pour protéger leur économie. Voilà la réalité du monde du football. Froide et cynique. Sans âme.

Plusieurs entraineurs se sont plaints de ces conditions dans les médias sans pour autant être écoutés.

Beaucoup de gens préfèrent les pointer du doigt plutôt que de les prendre au sérieux.

Thomas Tuchel au PSG, Andre Villas-Boas à Marseille, Jurgen Klopp à Liverpool…

Pour eux aussi, le football est mort. On tue les joueurs. Rien qu’en Ligue 1, les cas ont explosé dans les petits clubs, vous savez, ceux qui ne sont rien, ceux dont les effectifs sont limités en quantité, ceux qui ne représentent rien aux yeux des dirigeants.

A Lorient par exemple, pas moins de treize cas de Covid en une semaine avant le report de leur rencontre ce week-end face à Dijon. Les merlus réussiront t’ils leur opération maintien cette saison ? Honnêtement, j’ai de sérieux doutes. S’ils échouent, on leur dira « bonne chance » et ils reviendront de là où ils sont venus.

Chez les gros, ce n’est pas forcément mieux. Marseille patine et n’a plus son public pour le pousser dans les moments délicats là où Paris, Lyon, Monaco et Lille s’en sortent un peu mieux grâce à leurs individualités. Le mercato va être calme, beaucoup de prêts et à mon avis assez peu de mouvement, sauf pour les urgences.

Alors, comment faire renaître la flamme ? Comment espérer que le football d’avant revienne ? Nous sommes en pleine période de promotion d’un vaccin dont les propriétés inconnues génèrent soit le refus soit l’indécision générale et personne ne peut dire aujourd’hui à quel moment nous allons pouvoir nous relever de cela.

Le football est le baromètre de la société, l’aiguilleur de bonne humeur des fans inconditionnels.

Comment ne pas être inquiets pour la suite ? Comment ne pas se demander à quel moment pourrons-nous retourner au stade un après-midi ou une soirée vivre l’émotion de retrouver une enceinte pleine comme un œuf qui se met à gronder au regard d’un but magnifique ou d’une belle action collective ?

Comment refaire rêver nos enfants ? Comment convaincre son fils ou sa fille de s’inscrire en école de football sans l’avoir envoyé au stade voir son équipe préférée ? Sans l’avoir permis de se procurer du plaisir en voyant une tribune crier ou hurler ?

Le football, c’est cela. L’émotion, la passion, les cris de joie et les larmes.

Aujourd’hui, c’est comme si l’on était orphelins d’un sport qu’on a tant aimé et qu’on ne reverra peut-être jamais dans les conditions dans lesquelles on l’a connu.

Le football de mon enfance est en train de mourir.

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