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Euro 2020 : tout ce qu’il faut savoir

L’Euro 2020 se déroulera du 11 juin au 11 juillet prochains. Au programme, des matchs prestigieux dès la phase de poules, une compétition européenne au sens propre, les incertitudes liées au Covid-19 toujours en filigrane. Tour d’horizon de la seizième édition du championnat d’Europe de football.

Un soixantième anniversaire, ça se fête. Tous les quatre ans, depuis 1960, l’UEFA organise la Coupe d’Europe des nations. Les meilleures équipes du continent s’affrontent dans le cadre d’un tournoi prestigieux, un titre de champion d’Europe à la clé.
Pour cette seizième édition, l’UEFA veut marquer le coup et faire de cette compétition une véritable fête internationale. Alors, en 2014, douze villes hôtes sont sélectionnées parmi dix- neuf candidates : pour la première fois de son histoire, le tournoi se déroulera aux quatre coins de l’Europe, dans douze pays différents. Londres (Angleterre), Bucarest (Roumanie), Amsterdam (Pays-Bas), Copenhague (Danemark), Dublin (Irlande), Bilbao (Espagne), Munich (Allemagne), Bakou (Azerbaïdjan), Saint-Pétersbourg (Russie), Rome (Italie), Budapest (Hongrie) et Glasgow (Écosse) accueilleront chacun quelques matchs de la compétition.

Cette organisation de l’Euro dans plusieurs pays, c’est aussi l’occasion pour des nations qui n’auraient pas les moyens d’assumer la compétition à elles seules de briller un peu. Chacun y trouve finalement son compte. Jusque-là, sept pays des douze sélectionnés n’ont jamais organisé un championnat d’Europe. C’est donc une grande première pour la Hongrie, le Danemark, la Roumanie, l’Écosse, l’Irlande, la Russie et l’Azerbaïdjan.
Mais il fallait bien un leader et c’est Londres qui tire son épingle du jeu. Le stade de Wembley sera le théâtre des matchs les plus prestigieux puisque les deux demi-finales et la finale s’y dérouleront.
Chaque pays hôte qualifié a un petit avantage sur ses concurrents : il est assuré de jouer deux matches de phase de poule à domicile.

Spectacle assuré

Le 30 novembre 2019, à Bucarest, a lieu le tirage au sort des groupes de la phase finale. C’est la fin du suspense et la promesse de grands moments de sport. Les groupes sont les suivants :

Groupe A (Rome et Bakou)

  • Turquie
  • Italie
  • Pays de Galles
  • Suisse

En pleine reconstruction après sa non-qualification à la Coupe du monde 2018, l’Italie hérite d’un groupe assez équilibré. Emmenée par ses jeunes, la Squadra Azzura fait figure de favorite. Elle devra tout de même se défaire de la Turquie et de la Suisse. La première a battu la France, championne du monde, en phase de qualifications. La seconde a disputé le Final Four de la
 
première Ligue des Nations et a des arguments pour accéder aux huitièmes de finale. Le Pays de Galles, un ton en-dessous, s’appuiera sur Gareth Bale pour s’octroyer le droit de rêver.

Groupe B (Saint-Pétersbourg et Copenhague)

  • Danemark
  • Finlande
  • Belgique
  • Russie

L’année ou jamais pour la Belgique ? Favorite de son groupe, la génération dorée des Diables Rouges a une carte à jouer dans ce championnat d’Europe. Eden Hazard, Kevin de Bruyne et consort veulent enfin gagner un titre, eux pour qui les fenêtres de tir se feront de plus en plus rares. Mais avant penser à la victoire finale, il faudra affronter les Russes, auteurs d’un beau parcours lors de la Coupe du monde 2018. Le Danemark de Christian Eriksen est en embuscade pour la seconde place. Enfin, et c’est inédit, la Finlande fera ses débuts dans une phase finale de compétition internationale : une grande première.

Groupe C (Amsterdam et Bucarest)

  • Pays-Bas
  • Ukraine
  • Autriche
  • Macédoine du Nord

Il est certainement le groupe le moins séduisant de la compétition. Aucune des équipes qui le compose n’a disputé le Mondial il y a trois ans. Les Pays-Bas ont fait peau neuve après quatre ans sans disputer de grand tournoi majeur. Avec son roc Van Dijk, son magicien Depay, ses pépites de la formation ajacides de Jong, van de Beek et de Ligt, les Oranje ont tout d’un sérieux prétendant à la victoire finale. Sortir de ce groupe, assez faible sur le papier, ne devrait pas poser de problème. Gare au piège tout de même : les blocs bas sont souvent difficiles à manœuvrer pour les équipes joueuses. L’Ukraine et l’Autriche devraient se disputer la seconde place. La Macédoine du Nord, elle, dispute également son premier Euro et n’a pas grand-chose à espérer.

Groupe D (Londres et Glasgow)

  • Angleterre
  • Croatie
  • Ecosse
  • République Tchèque

Un vice-champion du monde, un grand favori et deux outsiders cohérents : ce groupe D est assez relevé. L’Angleterre est une grosse machine, un savant mélange de maturité sereine et de fougue brute concocté par Gareth Southgate. Les Three Lions nourrissent de grandes ambitions, d’autant que la finale se jouera à Londres. La Croatie, qui décline légèrement avec Luka Modric, a toutes ses chances d’atteindre les huitièmes de finale. Elle devrait batailler
 
avec les Tchèques pour y parvenir. Andy Robertson, de Liverpool, guidera l’Écosse pour jouer les trouble-fête.

Groupe E (Bilbao et Dublin)

  • Espagne
  • Suède
  • Pologne
  • Slovaquie

Voilà probablement le groupe le plus homogène de cet Euro. L’Espagne, en perte de vitesse depuis plusieurs années, fait tout de même office de favori. Mais attention à la Pologne de Robert Lewandowski, véritable rouleau-compresseur aux statistiques mirobolantes (42 buts cette saison avec le Bayern). La Suède comptera sur le retour en sélection de Zlatan Ibrahimovic pour espérer sortir de ce groupe. La Slovaquie, sans être réduite au rang de figurant, ne peut pas espérer grand-chose de cette compétition.

Groupe F (Munich et Budapest)

  • Hongrie
  • Portugal
  • France
  • Allemagne

Le groupe de la mort est tout trouvé. Un champion du monde en titre, un champion d’Europe en titre et le vainqueur de la Coupe du monde 2014. Ils sont trois pour deux places. Avec son statut de champion du monde, la France part favorite. Mais elle est talonnée par le Portugal, très constant depuis sa victoire lors de l’Euro 2016. L’Allemagne, plus en retrait ces dernières années, revient très fort avec sa colonne vertébrale de joueurs du Bayern Munich. Ce groupe promet des confrontations dignes de grandes finales. La Hongrie, en-dessous, se fera peut- être le juge de paix de ce groupe de la mort.

L’incertitude en toile de fond

Initialement prévu entre juin et juillet 2020, l’Euro est finalement reporté à 2021. Le 17 mars 2020, l’UEFA confirme le décalage d’un an de l’événement en raison de la pandémie de Covid- 19.
Le 23 avril, il est précisé que le tournoi gardera malgré tout le nom « UEFA Euro 2020 ». Il s’agit alors de « conserver la vision originale du tournoi, qui devait célébrer le 60e anniversaire du Championnat d’Europe de football », comme l’indique l’UEFA sur son site. Le souci de ne pas générer de déchets supplémentaires est également entré en ligne de compte dans cette décision : « Beaucoup d'articles et matériels à l'effigie du tournoi avaient déjà été produits au moment du report du tournoi. Un changement de nom pour l'évènement aurait entraîné la destruction et la reproduction desdits articles et matériels », explique encore l’instance du football européen.
 
Le contexte sanitaire est incertain. Alors, le 17 février dernier, Israël, fort de sa bonne gestion de la crise sanitaire, propose sa candidature pour l’organisation intégrale de l’Euro. L’UEFA confirme dans la foulée : « Israël a offert la possibilité à l’UEFA d’utiliser ses infrastructures cette année si nécessaire. L’UEFA compte cependant organiser tous ses événements – y compris les finales de compétitions de clubs et l’Euro – dans les villes déjà choisies et travaille assidûment avec ses partenaires et parties prenantes afin de garantir cela », a déclaré un porte-parole de l’instance européenne. L’UEFA reste donc confiante en sa capacité d’adaptation.

Sur la présence des supporters, quatre scénarios se détachent : 100% de spectateurs dans le stade, 50 à 100%, 20 à 30% ou le huis-clos. Mais pour l’heure, l’Euro 2020 pourrait perdre quatre de ses pays hôtes. L’UEFA laisse en effet jusqu’au 19 avril à Rome, Bilbao, Munich et Dublin pour s’engager à accueillir des spectateurs : ils devront « fournir des informations supplémentaires sur leurs plans, et une décision finale sera prise à cette date concernant la tenue des matchs », a annoncé vendredi 9 avril l’UEFA. L’instance exige depuis mi-mars que chaque rencontre du tournoi reçoive du public.

Mais face à l’optimisme de l’UEFA, l’évolution de la crise sanitaire et les politiques des douze pays hôtes feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Les variants du Covid-19, plus contagieux, se propagent et inquiètent. Potentiellement, un pays pourrait par exemple décider d’adopter un confinement. Daniel Koch, le « Monsieur Covid » de l’UEFA, déclare à l’AFP début mars que « d’un côté, il faut discuter avec tous ces pays, avec toutes les villes aussi, parce que ce sont les gouvernements qui décideront de ce qui sera possible ou ne le sera pas. (…) Mais, si on ne peut plus rien faire dans un pays, il en reste onze autres dans lesquels les préparatifs sont déjà en cours ». Préparer l’Euro dans douze pays, c’est donc aussi s’offrir des solutions de repli en cas de complication dans l’un des pays hôte. Pour l’heure, Daniel Koch appelle les supporters à ne pas perdre patience : l’UEFA devrait apporter des précisions pendant le mois d’avril.
 

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