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Jorge Sampaoli, le nouveau « Loco » de l’OM ?

Le peuple marseillais accueille donc son nouvel entraîneur.

L'homme de 60 ans arrive du Brésil où le championnat local s'est achevé fin février et vient de poser ses valises sur la Canebière.

Un contrat de deux ans et le voilà aux manettes jusqu'en 2023.

Inutile de préciser qu'au vu de la réputation dont il jouit, les attentes sont importantes et les critiques seront acerbes s'il venait à échouer.

 

Un disciple de Bielsa

 

Si les attentes sont là, c'est surtout car l'homme aux nombreux tatouages se dit être un adorateur de son « maître » Marcelo Bielsa.

Entraîneur depuis 2002 a défaut d'avoir pu se réaliser en tant que joueur, Sampaoli a tout misé sur la transmission et l'énergie envoyée à ses joueurs au fil de sa carrière avec une méthode de management qui se rapproche beaucoup de son idole. Même si son palmarès reste maigre et ses dernières expériences en club comme en sélection compliquées, il tarde à tous les supporters de l'OM de voir ce que l'Argentin va pouvoir faire avec une équipe ayant besoin d'un sérieux lifting.

Selon Fabrice Lamperti, journaliste à La Provence : "Il a une approche similaire à celle de Bielsa. Il ne s'en cache pas, quand il faisait des footings à la recherche d'une identité de jeu, il écoutait les conférences de presse de Bielsa. Ils viennent du même coin en Argentine et supportent le même club. Il y a une vraie filiation. Ils sont assez proches en âge. Ils se ressemblent, mais Sampaoli est plus proche de ses joueurs alors que Bielsa aimait mettre une barrière. Venir à Marseille, c'est une prise de risque de sa part."

 

Le choix et la confiance de Longoria

 

Après avoir sondé quelques noms, le nouveau président du club phocéen Pablo Longoria (intronisé ces quinze derniers jours) a choisi Jorge Sampaoli pour ses qualités de leader qui doivent permettre au club olympien de se relever après un début d'année pour le moins mouvementé et ce ne sont pas les derniers résultats qui vont le rassurer.

Encore moins l’élimination de ce dimanche en Coupe de France contre les amateurs de Canet.

En sera t'il capable ?

Dans le contexte marseillais, l'Argentin va devoir convaincre rapidement, lui qui selon ses propres dires a justement accepté le projet, excité par le défi.

Mais avec un effectif aussi limité en qualité qu'en quantité et une fin de saison intense à venir, le désormais ex-coach de l'Atletico Mineiro va avoir du travail et on le jugera comme d’habitude en priorité sur ses résultats plutôt que sur sa philosophie de jeu.

Une philosophie qui n’est pas sans rappeler la période avec Marcelo Bielsa (2014-2015) dont la trace sur le Vieux-Port reste encore aujourd’hui bien marquée.

 

 

Les éloges de Samir Nasri

 

 

Le petit Argentin devra donc s’armer de patience et savoir tirer le meilleur de ses joueurs dont plusieurs sont en fin de contrat et ont peut-être déjà la tête ailleurs.

Saura t’il les convaincre de rempiler ou devra t’il recomposer son équipe ?

De l’aveu de Samir Nasri, l’ancien Petit Prince de Marseille qui a eu « Sampa » sous ses ordres lors de son passage à Séville en 2016, le technicien Albiceleste a le don de transcender une équipe et de la faire jouer selon une idéologie très proche de celle d’El Loco, nom qui revient systématiquement quand on parle du natif de Casilda.

En effet, à entendre l’ancien milieu de l’équipe de France, sa relation avec « Sampa » était très spéciale, voire intime : « C’était un ami, pas un entraîneur. Il m’a dit tu peux boire, sortir, faire tout ce que tu veux, je te couvrirai. Il nous demandait seulement d’être bons sur le terrain le week-end. Si je voulais aller voir ma famille un week-end où je ne jouais pas, Sampaoli me disait qu’il s’occuperait de mon chien. ".

Reste à savoir si cette technique de management va prendre dans un vestiaire marseillais aujourd’hui essentiellement composé de joueurs en fin de cycle et sans réel projet de jeu. Selon une journaliste bien renseignée, Sampaoli risque plutôt d’être l’élément qui peut mettre le feu aux poudres, jouant même avec la métaphore du « pompier pyromane » plutôt que l’étiquette du sauveur.

Pour elle, « nous n’avons pas affaire à un nouveau Bielsa mais plutôt à un homme qui aime les projets ambitieux dans les ambiances sulfureuses. Sampaoli fait bien jouer ces équipes mais a déjà montré de sérieuses lacunes et accepte depuis quelques temps des projets dans des championnats mineurs, comme avec Mineiro au Brésil dont l’histoire ne s’est pas très bien terminée. Rappelez-vous le Mondial 2018 où il demandait des conseils à Lionel Messi et Sergio Aguero parce qu’il ne savait pas de quelle façon il fallait jouer. A Marseille, dans un championnat difficile car très porté sur les blocs-bas, si cela se passe mal, il peut mettre encore plus le feu. Honnêtement, je ne suis pas très optimiste. »

Quant à son idéologie de jeu, un consultant pour une chaîne britannique et suiveur de Leeds United, son avis est clair : « Si on parle de la mise en place purement tactique, Sampaoli est un peu différent de Bielsa. A Séville comme en sélection argentine, il a joué avec 4 défenseurs et passait beaucoup par les couloirs tandis que Bielsa avec sa défense à 3 et son milieu renforcé passe surtout par l’axe. On reproche souvent à Bielsa de s’entêter avec le même schéma avec vraiment beaucoup, beaucoup de passes en jouant sur la verticalité. C’est vrai que là, la différence est significative : Sampaoli fait plus dans le jeu direct avec énormément de combinaisons et n’hésite pas à dire à ses joueurs de tirer dès qu’un angle s’ouvre. »

 

Première mercredi soir

 

Et le technicien argentin ne va pas chômer puisque après sa présentation au Stade Vélodrome ce lundi, il va découvrir son équipe face au Stade Rennais à l’occasion de la 22ème journée du championnat.

Marseille, qui peut encore mathématiquement jouer l’Europe, est déjà dans l’obligation de résultat.

Une victoire face à Rennes - dont la récente démission de son entraîneur Julien Stephan a laissé place à Bruno Génésio – permettrait aux Phocéens de revenir à la sixième place à deux points du RC Lens.

Jorge Sampaoli a donc du pain sur la planche et est plus que jamais attendu.

Les semaines qui vont venir nous diront s’il va être capable de s’adapter à son environnement ou s’il se brûlera les ailes comme bon nombre de ses prédécesseurs.

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