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Point de vue

L'énigme Dimitrov

Indian Wells, allégorie d’une carrière

Le parcours de Grigor Dimitrov durant le tournoi d’Indian Wells 2021 résonne comme une allégorie de sa carrière. Brillant demi-finaliste, le joueur bulgare a écarté de sa route Daniil Medvedev, récent vainqueur de l’US Open, et Hubert Hurkacz, lauréat du Masters 1000 de Miami au printemps dernier. Puis l'énigmatique Dimitrov a été sèchement éliminé par son antithèse, Cameron Norrie, joueur discret, fruste, guère gracieux, mais diablement efficace et en course pour la qualification au Masters.

Grigor le Magnifique

En 1990, Andre Agassi, immense champion et coach intermittent de Grigor Dimitrov, avait participé à une campagne publicitaire controversée pour la marque Canon dont le slogan était Image is everything. On avait ainsi taxé Agassi de superficiel en son temps. Grigor le Magnifique est lui considéré comme The best looking guy on the Tour, y compris par ses propres collègues joueurs. Ses relations avec Maria Sharapova, Nicole Scherzinger ou actuellement Lolita Osmanova défraient la chronique.

Un début prometteur

Aussi élégant physiquement que techniquement, Grigor Dimitrov fut surnommé Baby Fed à ses débuts pour le mimétisme de sa gestuelle avec Roger Federer. Junior prometteur, Dimitrov remporte en 2008 le simple garçons de Wimbledon, dix ans après son père spirituel, et de l’US Open. La transition sur le circuit pro s’effectue en douceur. Le Federer des Balkans s’installe progressivement dans le Top 30 et marque les esprits en battant Novak Djokovic au Masters 1000 de Madrid en 2013.

Tuer le père

Tel un David Nalbandian naguère, autre énigme du tennis professionnel, Grigor Dimitrov a su être brillant au bon moment. Le joueur bulgare atteint notamment les demi-finales de Wimbledon en 2014, de l’Open d’Australie en 2017 et de l’US Open en 2019 en parvenant enfin à tuer le père grâce à son succès sur Federer. Lors de sa grande année 2017, Dimitrov conquiert également le titre au Masters 1000 de Cincinnati et surtout au Masters pour terminer la saison à la 3e place mondiale.

L’importance d’être inconstant

Grigor Dimitrov a été inconstant durant le dernier tournoi d’Indian Wells comme durant toute sa carrière. Le brillant intermittent ne confirme pas sa superbe année 2017 et réintègre le peloton du Top 20-30 du fait notamment d’une fâcheuse tendance aux trous d’airs printaniers et estivaux. Dimitrov est un éternel jeune premier soignant ses entrées et sorties de scène pour mieux s’endormir durant l’acte principal. Insuffisant pour figurer durablement dans le gratin du circuit ATP.

Dimi ne meurt jamais

Richard Gasquet, premier dépositaire du surnom de Baby Fed, n’a jamais glané de titre d’importance mais remporté deux fois plus de tournois que Grigor Dimitrov. Désormais trentenaire, le Federer des Balkans doit étoffer son palmarès sur le plan quantitatif, tandis que la génération des Medvedev, Zverev et Tsitsipas prend progressivement le pouvoir. S’il demeure opportuniste, Dimitrov frappera peut-être un grand coup avant le crépuscule de sa carrière. Un champion ne meurt jamais.

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