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Les favoris du Ballon d’or France Football

Lundi, France Football et la Chaine L’Équipe dévoileront le nom du lauréat du Ballon d’or 2021. Attribuée pour 65e la fois, la plus prestigieuse des récompenses individuelles suscite encore plus cette année l’engouement du public. Une fois n’est pas coutume, aucun joueur ne s’est réellement distingué par rapport à ses concurrents, tant individuellement que collectivement.

Ces deux critères constituent la pierre angulaire de l’attribution du Ballon d’or. Il arrive parfois qu’un joueur domine la saison de bout en bout et coche toutes les cases. Ce fut par exemple le cas de Lionel Messi en 2011 ou encore Cristiano Ronaldo en 2008 et en 2016. Le premier avait tout remporté ou presque avec le FC Barcelone (seule la coupe du Roi lui avait échappé au profit du Real Madrid) tout en dominant l’année sur le plan individuel et marquant les esprits à Santiago Bernabeu en demi-finale de C1 ou encore en finale face à Manchester United. Le deuxième fit le doublé Ligue des champions - Euro en 2016, en terminant meilleur buteur de la C1 avec 16 buts - dont un mémorable triplé en quarts contre Wolfsburg synonyme de remontada - et étant le deuxième joueur le plus décisif à l’Euro derrière Antoine Griezmann (3 buts, 3 passes décisives).

En 2021, aucun joueur n’a réussi à se forger pareil palmarès. Certains comme Robert Lewandowski, Cristiano Ronaldo ou Kylian Mbappé cochent la case « individuelle » voire également « empreinte » laissée auprès des suiveurs. Jorginho coche la case « collective » après son doublé C1 - Euro. Lionel Messi et Karim Benzema sont à peu près partout, mais avec certaines faiblesses. Voici un résumé de la saison de chaque prétendant à la consécration suprême. Leurs forces et faiblesses y sont évoquées.

Robert Lewandowski (Pologne/Bayern Munich)

Insatiable buteur, le Polonais a survolé les débats tout au long de l’année, dans la continuité de son incroyable saison « Covid » en 2020. Soulier d’or, il mit un point d’honneur à battre le record de buts marqués sur une saison de Bundesliga du désormais regretté Gerd Muller lors de la dernière journée de l’exercice 2020/2021 (41 buts contre 40). Sa saison en C1 fut moins prolifique que la précédente en raison de sa blessure à un moment charnière et de l’élimination prématurée du Bayern en quarts contre le Paris Saint-Germain, mais son début de saison stratosphérique (9 buts en 5 matchs, 5 buts en 3 matchs avant la clôture des votes) confirme sa domination actuelle sur le football mondial. Certes, la Pologne n’a pas existé durant l’Euro. Mais Lewandowski a fait le job : 3 buts en autant de rencontres, face à des adversaires supérieurs à son équipe (Espagne et Suède). On le sait, le critère émotionnel joue un rôle dans la procédure d’attribution du Ballon d’or. Si la victoire de Messi en Copa America a marqué les esprits et ému les puristes, l’injustice dont fut victime Lewandowski en 2020 après une année quasi-parfaite doit être prise en compte. La légitimité de l’institution en serait fragilisée.

Lionel Messi (Argentine, FC Barcelone et Paris SG)

Sextuple lauréat, l’Argentin est passé par toutes les émotions en cette année 2021. D’abord à la traine en championnat et logiquement éliminé en Ligue des champions après une énième correction, cette fois-ci face au Paris Saint-Germain, « La Pulga » a su retrouver son rythme de croisière et finir une nouvelle fois meilleur buteur de la Liga. Auteur de 23 buts en 21 matchs de championnat entre janvier et mai 2021, il convient cependant de nuancer cette performance par un Classico raté et une abstinence face à l’Atletico de Madrid. Son salut, Messi l’a trouvé avec la sélection albiceleste. Vierge de tout trophée international conquis avec l’Argentine, le palmarès de l’ancien numéro 10 du Barça s’est étoffé de la plus belle des manières. Messi a obtenu ce qu’il cherchait depuis tant d’années et ce, quelques mois après le décès de l’icône argentine Diego Maradona. Meilleur buteur et meilleur passeur au Brésil, Messi s’est montré moins en vue lors des matchs décisifs. La finale face à la Seleçao en est le symbole. Inoffensif, « La Pulga » a manqué l’occasion d’écrire un peu plus l’histoire malgré les dithyrambes provenant de la majorité des suiveurs. À cet égard, il confirme ses difficultés rencontrées dans les grands rendez-vous. Son début de saison passable avec le Paris Saint-Germain après un transfert retentissant ne l’aidera pas davantage dans la conquête d’un septième Ballon d’or, malgré quelques coups d’éclat en C1 contre City et Leipzig.

Karim Benzema (France, Real Madrid)

C’est la sensation de l’année… et la surprise du chef. De retour en équipe de France après cinq longues années d’absence, le numéro 9 du Real Madrid a réalisé sa saison la plus complète chez les Meringues. Et son retour réussi avec les Bleus est quelque sorte la cerise sur le gâteau. Toujours constant, le natif de Bron a dans un premier temps porté un Real Madrid essoufflé, en perte de vitesse. Grâce à des performances de haute volée pratiquement chaque week-end, il a pu maintenir le Real dans la course au titre jusqu’à la dernière journée. Finalement devancé de deux points par l’Atletico, Benzema totalise un total de 23 buts et 9 passes décisives en championnat lors de la saison 2020-2021. Et ce, sans s’occuper des penaltys, exercice favori de Sergio Ramos. Auteur de 6 buts en 10 matchs de Ligue des champions, il est le grand artisan du parcours madrilène dans cette compétition. Son départ sur les chapeaux de roues cette saison (15 buts toutes compétitions confondues avec le Real) et ses 9 réalisations lors des huit derniers matchs de l’équipe de France (troisième meilleur buteur de l’Euro) lui ont fait prendre une nouvelle dimension. Sa victoire en Ligue des Nations est venue parachever ce magnifique cru 2021. Et de quelle manière !

Jorge Luiz « Jorginho » Frello Filho (Italie, Chelsea)

C’est le nouveau venu dans le gratin du football mondial. À trente ans, l’Oriundo connait enfin la consécration au plus haut niveau après avoir eu une progression linéaire, d’abord en Italie (Hellas Vérone et Napoli) puis outre-manche avec les Blues. Auteur d’un doublé Ligue des champions - Euro, il a brillé avec son club puis en sélection, avec la Nazionale. Milieu défensif capable de jouer relayeur, ses statistiques ne sont pas pharamineuses. 7 buts en Premier League et un doublé en C1 contre Malmö. Mais son rôle primordial au sein des deux effectifs et son pénalty libérateur lors de la séance de tirs-aux-buts face à Unai Simon en demi-finale de l’Euro ont marqué les esprits. Son raté en finale de l’Euro face à Jordan Pickford est déjà oublié. Reste à savoir si sa réussite collective suffira pour convaincre les 170 journalistes qui composent le jury.

Cristiano Ronaldo dos Santos Aveiro (Portugal, Juventus puis Manchester United)

Il est éternel. À presque 37 ans, CR7 continue de battre tous les records. Bon nombre d’entre eux sont tombés cette année. Meilleur buteur de l’Euro avec cinq réalisations, il est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la compétition avec 14 buts, devant Michel Platini (9 buts), Antoine Griezmann et Alan Shearer (7 buts chacun). Sur le plan individuel, le Lusitanien n’a rien à envier à ses concurrents. Enfin Capocannoniere (29 buts en 33 matchs), il complète sa collection après l’Angleterre et l’Espagne. Moins en vue en C1 avec la Juve, son retour tonitruant à Manchester United, après avoir été un temps annoncé chez le rival citizen, nous rappelle à son bon souvenir. Toujours aussi décisif dans les grands matchs et souvent buteur dans le money time, Ronaldo s’inscrit inlassablement parmi les meilleurs joueurs de l’année civile. Une carence tout de même : son palmarès. Vainqueur de la Coupe d’Italie, le seul trophée transalpin qui manquait à sa collection depuis son arrivée dans le Piémont, son élimination prématurée en Ligue des champions et la perte du titre européen avec le Portugal ne sont pas des atouts de choix dans quête de Ballon d’or.

Kylian Mbappé (France, Paris Saint-Germain)

Une année en forme de montagnes russes pour le Parisien. Une année à réaction, aussi. 2021 a débuté sous les meilleures auspices pour le gamin de Bondy. Attendu au tournant au Camp Nou face au FC Barcelone en l’absence de Neymar, Mbappé réalisa une performance stratosphérique en ce 16 février 2021. Trois buts, une gifle et une qualification pour les quarts quasiment assurée à l’issue du premier volet de ces huitièmes-de-finale. Unique joueur à inscrire un triplé dans l’enceinte catalane en C1 avec Andrei Chevtchenko, Mbappé a définitivement changé de dimension ce soir là. Létal face au Bayern Munich lors de la revanche de la finale de 2020, il inscrivit deux nouvelles réalisations sous la neige bavaroise. Deux prestations XXL qui le plaçaient au sommet de l’hiérarchie au mois de mai dernier. Indéboulonnable meilleur buteur de Ligue 1 et deuxième meilleur buteur en C1, l’Euro offrait au Parisien l’opportunité de sceller son fabuleux destin entrepris au printemps. Malheureusement, il alterna le bon et le moins bon pendant cette compétition. Pourtant présent sur cinq des sept buts tricolores, il resta muet jusqu’au moment de l’élimination surprise face à la Suisse. Pour ne pas arranger l’affaire, c’est lui qui manqua le pénalty décisif face à Yann Sommer. Il s’est ensuite revigoré avec le Paris Saint-Germain, preuve de sa détermination. Meilleur joueur de l’effectif parisien depuis le début de saison, il a mis fin à une disette de six matchs sans scorer avec les Bleus lors de la Ligue des Nations. Omniprésent, il est désormais l’alpha et l’oméga de ses deux équipes. Il lui manque tout de même un trophée majeur, la seule Coupe de France ne suffisant pas à faire de lui un Ballon d’or.

N’Golo Kanté (France, Chelsea)

Indispensable partout où il passe, véritable gratteur de ballons, le milieu récupérateur francilien fait les beaux jours de ses équipes respectives. Sa constance au plus haut niveau est impressionnante, son altruisme n’est plus à signaler. Au sommet de son art, il fut le joueur clef pour Thomas Tuchel dans la conquête européenne du club londonien. Élu meilleur joueur des deux demies face au Real et de la finale face à City, il faisait l’unanimité au sortir de la Ligue des champions. L’équipe de France pouvait constituer un tremplin vers la consécration pour ce joueur si discret mais tellement précieux. Là encore, ce fut un échec. Peut-être en raison des efforts consentis tout au long de la saison avec Chelsea. Ou alors car ses coéquipiers comptaient trop sur lui, le laissant seul à la récupération. Rentré dans le moule en ce début de saison, on l’a peu vu en sélection - seulement 1 match - depuis la reprise.

Erling Haaland (Norvège, Borussia Dortmund)

Le Norvégien n’en finit plus d’étonner. S’il n’a pu conquérir le titre de meilleur buteur de Bundesliga, il a fait pour la première fois en Ligue des champions, devançant Mbappé de deux réalisations. À seulement 21 ans, il présente un ratio d’un but par match (41 buts en 41 apparitions avec le Borussia la saison dernière) et s’inscrit durablement dans la cour des grands. Son duel à distance avec le Parisien ne devrait pas être le dernier. Pour cette saison, c’est pourtant déjà terminé malgré un départ en fanfare en championnat. Un seul but marqué en deux rencontres de Ligue des champions et une élimination déjà actée pour le Borussia Dortmund, surclassé par l’Ajax Amsterdam et le Sporting Portugal en phase de groupes. Un autre bémol pour le «Cyborg», son équipe nationale. Extrêmement faible, Haaland la porte à lui seul. Pas suffisant pour en faire une nation compétitive et prétendre à jouer les premiers rôles. Pour recevoir les honneurs, Haaland devra s’armer de patience.

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