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L'Euro 2021, l'heure des surprises ?

Les championnats européens sont donc terminés. L’édition 2020-2021 « spéciale covid » a livré son verdict. A noter qu’à part Manchester City et le Bayern Munich, aucun des favoris n’a su remporter son championnat domestique. Les outsiders ont donc pris la perche qui leur était tendue. L’Inter Milan en Serie A, l’Atletico en Liga et Lille en Ligue 1 ont été sacrés. Et fort logiquement, qui plus est. Allons-nous vers un scénario similaire pour l’Euro qui commence ce vendredi soir ? C’est envisageable…

Un vainqueur totalement inattendu, comme le Danemark en 1992 ou la Grèce en 2004 n’est pas complètement à exclure, même si évidemment, le contexte est inédit et qu’on imagine pas vraiment – par exemple - une sélection comme la Macédoine du Nord aller au bout. Soyons sérieux un minimum...

 

La fraicheur comme principal avantage ?

 

Nous allons peut-être commencer par là. Matchs tous les trois jours, effectifs diminués, blessures à foison, changement de banc pour certains à l’intersaison, l’exercice 2020-2021 a été pour le moins riche en éléments.

Un journaliste de l’Equipe 21 disait le mois dernier : «les Bleus, ils vont arriver cramés à l’Euro, si on regarde Benzema au Real, même Zidane dit qu’ils ont fini sur les rotules ».

Doit-on en conclure que Didier Deschamps a eu la mauvaise idée de le sélectionner après six ans d’absence ? N’allons pas trop vite en besogne non plus et la victoire mardi soir face à un Pays de Galles vite réduit à dix (3-0) confirmé par un succès acquis devant de modestes Bulgares sur le même score doit sonner comme un élan positif. Mais au vu du groupe qui attend les tricolores, son retour en sélection est plutôt logique.

La question de la fraîcheur physique et mentale est un paramètre que l’on doit forcément prendre en compte, surtout en fin de saison et encore plus après une année qui s’est avérée pour le moins compliquée pour les effectifs limités en nombre.

Comme avant chaque phase finale de compétition internationale, bon nombre de joueurs se calquent sur la période où ils devront être efficaces plus que sur la saison en elle même, longue et souvent éprouvante au vu de l’accumulation des matchs. Je pense notamment à l’attaquant international allemand Miroslav Klose, qui n’hésitait pas à s’économiser les années de Coupe du Monde, tout ça pour finir sur la carrière qu’on lui connaît.

On peut donc penser que les joueurs qui n’ont pas été au rendez-vous cette saison dans leurs clubs respectifs vont être prêts à en découdre lors de cet Euro qui sera possiblement leur dernière compétition, pour Cristiano Ronaldo par exemple, avec qui le Portugal peut être candidat à sa propre succession.

D’autres sélections ont eu la bonne idée de se régénérer, comme l’Italie (absent au mondial 2018 pour la première fois depuis un demi-siècle) et qui a vu en son sein l’arrivée de jeunes joueurs prometteurs tels que Federico Chiesa – fils d’Enrico – très en vue lors de l’Euro U21 en 2019 avec la Gli Azzurrini. D’autres comme Lorenzo Pellegrini ou Nicolo Barrella vont être intéressants à suivre. La Squadra Azurra a de sérieux atouts à faire valoir et pour moi, se pose comme véritable outsider de la compétition, surtout qu’elle se situe dans une poule abordable avec la Suisse, la Turquie et le Pays de Galles.

Si on regarde un peu plus au Nord chez nos voisins allemands, la donne est un peu différente mais l’objectif reste le même : effacer des tablettes une Coupe du Monde russe ratée sur tous les plans. Éliminée piteusement au premier tour, la Mannschaft va arriver dans ce championnat d’Europe des Nations avec l’envie de réparer les pots cassés. Là aussi, de nouvelles têtes : Kai Havertz qui vient de soulever la C1 avec Chelsea en inscrivant le but vainqueur, son coéquipier Timo Werner, l’ailier du Bayern Leroy Sané, décevant cette saison et Joshua Kimmich un ton en dessous des années précédentes bien que vainqueur de la Bundesliga… Joachim Low, pour qui cet Euro 2021 sera le dernier, aura la pression du résultat et devra faire face d’entrée à des adversaires qui le mettront dans le bain directement, l’Allemagne étant dans le « groupe de la mort » avec le Portugal, la France et la Hongrie.

Au vu de l’intensité des rencontres, les équipes qui sortiront de ce groupe n’auront peut-être plus assez d’essence dans le moteur pour la suite.

Si on continue le tour d’Europe et qu’on s’arrête chez nos amis anglais, l’équipe des trois lions va aussi être captivante à regarder. Un certain nombre de jeunes se sont révélés ces trois dernières saisons et si le Mondial a globalement été une réussite, c’est surtout cette saison que l’on a pu voir leur progression. Mason Mount à Chelsea, Jack Grealish à Aston Villa, Phil Foden à Manchester City ou encore Bukayo Saka des Gunners d’Arsenal, pour ne citer qu’eux. La sélection anglaise a grandi, mûri et c’est peut-être l’année ou jamais pour conquérir un sacre européen qui manque toujours à son palmarès, ce qui est une hérésie pour le berceau du football.

Même si sa poule est un poil relevée avec l’Ecosse, la Croatie et la République Tchèque, l’équipe de la Rose devrait pouvoir s’en sortir.

 

Renoncer aux tauliers, c’est choisir

 

Si j’écrivais plus haut que certaines grandes sélections ont réussi à rajeunir leur effectif, leurs sélectionneurs ont aussi dû choisir d’écarter certains cadres. C’est le cas de l’Espagne avec Luis Enrique qui a décidé de ne pas emmener Sergio Ramos, souvent blessé cette saison et dont la carrière (à 34 ans) semble toucher à sa fin, au profit d’Aymeric Laporte qui a récemment choisi de refuser l’équipe de France et ainsi intégrer la Roja.

Et les champions d’Europe 2012 peuvent se targuer d’avoir une pléiade de jeunes talents : Eric Garcia, nouvelle recrue du FC Barcelone, Rodri, le milieu relayeur de Manchester City, Daniel Olmo, le virevoltant ailier du RB Leipzig et le milieu organisateur du Barça, Pedri.

Pour avoir suivi la sélection espagnole à l’Euro Espoirs il y a deux ans, je suis assez surpris de ne pas voir Pablo Fornals dans cette liste, tant il avait été prometteur à l’époque.

Dans sa poule, la Roja affrontera la Suède, la Pologne et la Slovaquie. Largement abordable pour une sélection qui depuis l’ère Xavi-Iniesta, est en train de revenir tranquillement sur le devant de la scène internationale.

 

Qui pour créer la surprise ?

 

Nous arrivons au coeur du sujet de l’article. Quelle sélection peut se révéler ? Qui digérera le mieux les déplacements, qui gérera le mieux les organismes de chaque groupe ? Avoir un effectif aussi riche en qualité qu’en quantité est indéniablement un plus, mais est-ce pour autant un avantage réservé aux favoris ?

Si l’on prend par exemple la Belgique, qui a enregistré le retour de Thierry Henry au sein de son staff comme adjoint de Roberto Martinez (comme au Mondial 2018), il est difficile de dire si les Diables vont pouvoir acquérir enfin le titre majeur qui couronnerait leur génération dorée.

On a vu la patte de la légende d’Arsenal en Russie, avec une attaque articulée autour de Romelu Lukaku, mais avec un Kevin De Bruyne sorti sur blessure lors de la finale de la Ligue des Champions, il n’est pas certain que les protégés de Martinez puissent atteindre leur Graal, le métronome de Manchester City risquant d’être la pièce manquante du puzzle des Rouges, sachant qu’il a déclaré forfait pour l'entrée en lice samedi soir mais espère tout de même jouer le deuxième match. Et on peut même être surpris de la sélection de Eden Hazard dont la saison avec le Real Madrid a été plus que compliquée et dont la condition physique est préoccupante pour le haut niveau. Il faudra surveiller Timothy Castagne, très bon avec Leicester City cette saison ainsi que l’ailier rennais Jérémy Doku, dont ce sera le premier Euro.

Placée dans un groupe pas aussi facile qu’il en a l’air – Russie, Danemark, Finlande – les Belges, pour ma part, devraient au moins rallier les huitièmes de finale. La suite, elle, sera une autre histoire.

On peut aussi citer l’Ecosse, qui étonne avec quelques jeunes joueurs très intéressants, comme Kieran Tierney et Scott McTominay. Dans la même phase de groupe que l’équipe des Three Lions, l’Ecosse-Angleterre qui se profile à Wembley le 18 juin s’annonce bouillant.

 

Un Euro plein de promesses, le spectacle au rendez-vous ?

 

En résumé, cet événement attendu par tous les puristes nous annonce une compétition très intéressante avec enfin le retour d’une partie de public dans les stades concernés (jauge aléatoire selon les stades). Parce qu’après tout, le spectateur est l’essence même du football.

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