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Point de vue

Ligue des Nations : le retour de la furia Roja ?

Le but polémique de Kylian Mbappé a sonné le glas côté ibère. L’arbitre, aidé par l’assistance vidéo, a décidé du sort de cette rencontre de haut niveau. La France, avec des faits de jeu qu’on qualifiera de favorables, a donc remporté cette deuxième finale de Ligue des Nations, créée en 2019 par les hautes instances et succède donc au Portugal.

Ballotés dans ce match et menés au score, si les Bleus l’ont parfaitement terminée avec notamment un sublime but de Karim Benzema (véritable cerveau de l’attaque dans son rôle de buteur-créateur) suivi de celui libérateur de Kylian Mbappé, on a surtout envie de retenir le niveau de jeu proposé par la jeunesse espagnole impulsée par Pablo Marin Paez, mondialement connu pour son surnom « Gavi » à seulement dix-sept ans et déjà titulaire au sein du « Barça » de Ronald Koeman. La spontanéité, la fluidité et le niveau technique de l’adolescent impressionnent. Jusqu’où ira t’il ? Personne ne peut y répondre actuellement, le football est une planète tournant plus vite qu’elle même, nul ne sait ce qu’il peut se passer. Mais la pépite est déjà bien lancée…

Si l’on ajoute à cela l’abattage de Pedri (bien qu’absent de ce tournoi), autre joueur du FC Barcelone, il y a de quoi voir venir.

 

Un air de déjà-vu…

 

Avec ses jeunes pousses, épaulées par le toujours excellent Sergio Busquets, la Roja a su faire courir l’équipe de France championne du Monde et la faire douter jusqu’au bout. Sans deux parades salvatrices de Hugo Lloris en fin de rencontre, elle aurait peut-être pu obtenir trente-minutes supplémentaires. La mécanique du football espagnol, le fameux tiki-taka ou le jeu de transition employé par Josep Guardiola est donc l’héritage de la sélection depuis une dizaine d’années et semble encore fonctionner aujourd’hui malgré la défaite.

Contre l’Espagne, l’art de la contre-attaque et du jeu direct est une arme à utiliser pour contrer l’armada. Et la France le fait avec brio depuis des années. Souvenons-nous du Mondial 2006 avec la génération naissante des Xavi et Sergio Ramos, impressionnante en phase de poules et malheureusement éliminée dès les huitièmes de finale par l’éclosion d’un certain Franck Ribéry mais surtout de la réaction d’orgueil de Zinédine Zidane dont la presse ibère annonçait la retraite quarante-huit heures avant la rencontre. L’erreur d’avoir fait le match avant de l’avoir joué.

Ce soir-là, le jeune David Villa, titulaire au FC Valence à l’époque, avait ouvert le score sur pénalty avant que « Francky » n’égalise et que la France ne prenne finalement le dessus dans le second acte, dessinant le succès par trois buts à un. Déjà menée, ballotée et finalement vainqueur, profitant des quelques erreurs de jeunesse ou peut-être d’un trop plein d’assurance des espagnols.

Et si cette soirée du 27 juin 2006 avait crée un monstre ? Une équipe de France en fin de cycle, qui sortira assez honteusement dès les poules de l’Euro suisso-autrichien deux ans plus tard, alors que la Roja remportera ce même championnat d’Europe des Nations, la Coupe du Monde sud-africaine et pour couronner le tout, l’Euro 2012, réalisant ainsi le Grand Chelem, ce que personne n’avait fait dans l’histoire du football.

Xavi Hernandez sera ensuite le chef d’orchestre du grand Barça de Pep Guardiola avec comme métronome un certain Andres Iniesta pour obtenir le fameux sextuplé historique du club catalan en 2009, offrant sans nul doute le plus beau football jamais pratiqué autant en sélection qu’en club, véritable défi tactique pour chaque entraîneur.

L’Espagne dispose aujourd’hui d’un effectif peut-être plus complet qu’à l’époque avec un banc de touche composé de plusieurs alternatives intéressantes. Rodrigo Hernandez a remplacé dimanche soir poste pour poste Pedri sans que l’on puisse y observer une grande différence.

 

Luis Enrique, des choix risqués mais « quasiment » payants

 

Pour disputer ce Final Four, le sélectionneur espagnol en poste depuis 2018 a donc choisi de lancer sa jeune garde et surtout de se passer d’attaquant de pointe. Exit Alvaro Morata (pour ne citer que lui) et place à un schéma qui a fait ses preuves par le passé. Il est le premier de l’histoire à ne pas avoir convoqué un seul joueur du Real Madrid et a préféré choisir le gardien de l’Atletic Bilbao pourtant loin d’être le meilleur à son poste, seulement pour sa qualité de jeu au pied. Sans compter le jeune Eric Garcia, transfuge de Manchester City à Barcelone cet été, qui a finalement plutôt rassuré. Des paris donc, plutôt que des titres pour le moment...

 

Une relève enfin prête

 

La sélection espagnole, qui n’a plus soulevé de trophée depuis 2012, est peut-être en train de retrouver son lustre d’antan. La qualité de la formation est à pointer car le souci de ne pas se renier est le point central de cette nouvelle génération. On peut aujourd’hui facilement citer cinq ou six noms qui pourraient bien symboliser dans les années à venir le début d’une nouvelle ère. Perpétuer la tradition, c’est l’idée des dirigeants des plus grands clubs de la péninsule, qui sont aujourd’hui capables de fournir des jeunes pépites maîtrisant tous les aspects du jeu, qu’il soit court ou long, imprimer un rythme, l’accélérer ou le ralentir avec comme principe de base le jeu au sol sans se reposer sur un élément en particulier mais sur plusieurs joueurs pouvant faire la différence à n’importe quel moment.

Très prometteur donc. Il va falloir suivre cette Espagne-là dans les prochains mois pour assister peut-être à une nouvelle razzia sur le football mondial. Et au vu de leurs deux matchs disputés face à l’Italie championne d’Europe et l’équipe de France, nous avons déjà des éléments pour y croire.

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