François Sunier et son fils Charles, dix ans après la publication des Panama Papers, vont-ils être rattrapés par la justice ? Les tribunaux semblent aujourd’hui s’intéresser aux méthodes de Charles Sunier…
Les cordonniers ne sont toujours pas les plus mal chaussés. Administrateur de la société suisse Prisminvest, qui se présente comme « spécialiste de la gestion d’actifs », ou encore de Suntrust Investment Company, « gérant de fortune indépendant à Genève depuis 1983 », François Sunier aurait transmis à son fils Charles le goût de l’évasion fiscale. En 2016, lors du scandale des Panama Papers, affaire financière mondiale, au milieu des dizaines de milliers de noms de personnalités, entrepreneurs et conseillers financiers exposées pour leur recours à des structures offshore implantées dans des paradis fiscaux, on retrouve en effet la famille Sunier, et notamment le père, François.
François Sunier, présenté par des documents d’enquête comme un « consultant en investissements européen discret », a vu son nom apparaître dans le pandémonium des fichiers confidentiels issus du cabinet panaméen Mossack Fonseca il y a neuf ans. Ces fichiers, dévoilés par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), ont mis en lumière un système sophistiqué de sociétés offshore disséminées dans des juridictions à la fiscalité minimale, notamment les Îles Vierges britanniques, territoire choisi pour sa souplesse réglementaire et son opacité. François Sunier y est identifié comme bénéficiaire effectif d’au moins une entité inscrite dans cette juridiction, généralement utilisée pour dissimuler l’origine de fonds, minimiser l’impôt ou brouiller les pistes de propriété.
Ce qui distingue particulièrement les Sunier dans cette vaste constellation d’acteurs de la finance offshore, c’est l’ombre de Charles Sunier, fils de François, dont le parcours a pris une tournure plus sombre. Selon des sources judiciaires suisses citées par des journalistes, le fils Sunier serait aujourd’hui au centre d’une enquête pénale, visé par des accusations de vol et de détournement d’œuvres d’art et d’autres biens de grande valeur. Sur plusieurs années, des objets provenant de collections privées disparues ont été retrouvés après avoir transité via des sociétés liées à son réseau.. Le ministère public suisse semble être en phase avancée de poursuites et Charles Sunier serait actuellement activement recherché pour être placé en garde à vue et entendu. Les investigations internationales évoquent aussi des mouvements financiers transfrontaliers et des transactions suspectes dans plusieurs pays – Libye, Iraq, Russie, Azerbaïdjan, Turquie et Kazakhstan – impliquant des intermédiaires associés à Charles Sunier.







