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Analyse

Bioguard : Face à la propagation des nouveaux virus, l’innovation contre-attaque

Apprieu, dans le nord du département de l’Isère. Connue pour les forges de Bonpertuis aujourd’hui classées aux monuments historiques, cette petite commune adossée à flanc de colline abrite surtout un laboratoire de haute technologie – le centre VHP Security Paper – et une usine de 3000m2. C’est ici que le groupe français François Charles Oberthur a mis au point le procédé Bioguard au moment de l’épidémie de grippe A (H1-N1). Depuis, la maison-mère a donné ses lettres de noblesse à son produit, en fondant une marque distincte. « La crise sanitaire nous a donné l’impulsion pour créer Bioguard & Co, en devenant une filiale du groupe François-Charles Oberthur, précise Nicolas Koutros, directeur général adjoint d’Oberthur. En bénéficiant de la puissance et des ressources du groupe, nous avons eu les cartes en mains pour accélérer notre développement et notre déploiement. Nous disposons de laboratoires de recherche et développement à la pointe et du savoir-faire de 1300 collaborateurs. »

Le Covid-19 a accéléré la recherche

Faisons un rapide retour, à la fin des années 2000. Le groupe français François Charles Oberthur – l’un des leaders mondiaux de l’impression de billets de banque et nº1 en Europe pour les billets en euros – cherche à protéger le papier qu’il utilise contre les germes des virus, et met au point une première version de Bioguard, aujourd’hui améliorée pour contrer le Covid-19. « Nous avons optimisé une formule que nous avions étudiée lors de la crise de la grippe A H1-N1, il y a bientôt une quinzaine d’années, explique Henri Rosset, directeur du centre de recherche de Bioguard & Co à Apprieu, où son équipe expérimente plusieurs technologies destinées à sécuriser les billets de banque. La Covid-19 nous a permis de l’optimiser. »

Solution antifongique, antibactérienne et antivirale, Bioguard a en effet fait ses preuves dans le processus de production du groupe Oberthur, pour la protection des fibres de coton des billets de banque que nous utilisons quotidiennement. « Notre rôle consiste à déployer nos moyens de recherche et d’innovation pour renforcer les billets de banque dans tous les domaines, reprend Nicolas Koutros. Lutte contre la contrefaçon, réduction de l’impact environnemental, accroissement de la durée de vie, protection sanitaire des usagers… Lorsque la banque émet des instruments dont la vocation est de circuler de main en main, elle doit s’assurer, en toute objectivité, que toutes les mesures possibles ont été prises pour que cette circulation n’entraîne pas de nouvelles contaminations. » C’est là que Bioguard intervient.

Face à la flambée épidémique du Covid-19 au printemps 2020, une dizaine de chercheurs s’est immédiatement attelée à trouver la meilleure formule du produit, afin de réduire au maximum la durée de vie des virus présents dans notre environnement direct. « Au début de la pandémie, nous n’avions pas accès au Sars-Cov-2, se souvient Henri Rosset. Nous avons donc travaillé sur des coronavirus similaires comme celui du rhume. » L’objectif est alors crucial, d’abord pour les billets de banque, puis – et c’est là tout l’intérêt du procédé Bioguard – pour toutes les surfaces qui nous entourent.

Bioguard, produit tout-terrain

Concrètement, Bioguard est un produit virucide sans égal. « On divise par 500 à 1000 le nombre de virus présents après quelques heures, poursuit Nicolas Koutros. On travaille à la réduction des risques de contamination en complémentarité des mesures vaccinales. A la différence des solutions centrées sur un produit et/ou un procédé d’application, la technologie Bioguard est une approche globale adaptée au besoin des clients. » Des clients qui sont potentiellement très nombreux : le produit peut en effet être utilisé par application sur les objets de notre quotidien, ou par intégration directe dans le matériau de fabrication. Les espaces publics sont évidemment le meilleur terrain d’utilisation : poignées de porte, tables de restaurant, bureaux, écrans tactiles, barres de maintien dans les transports en commun, téléphone, cartons et plastiques d’emballage… Tous les objets que nous partageons, dans la vie privée comme dans la vie professionnelle, sont susceptibles d’être contaminants. Et donc d’être protégés pour nous protéger, nous utilisateurs.

Malgré ses puissantes propriétés virucides, le procédé Bioguard est inoffensif pour la santé humaine et pour les objets sur lesquels il peut être appliqués. La recherche a été très poussée en la matière. « On évite à la surface ou au matériau de devenir un nid à microbes, explique Henri Rosset. Les propriétés de base du matériau sont maintenues. Bioguard ne génère par ailleurs aucune modification d’aspect. » Dans le laboratoire, les chercheurs ont également développé des variantes au produit, en fonction de son utilisation. « Nous adaptons les dosages en fonction de la surface qui doit être traitée, précise Henri Rosset. Il est important de noter que notre produit est sans danger pour l’homme. Il n’y a pas de risque cutané, il est neutre. » Des propriétés qui sont aussi valables lors de la fin de vie des produits traités, ces derniers pouvant entrer dans tous les processus de recyclage.

L’avant et l’après-Covid

L’intégration possible de Bioguard & Co dans les matériaux de fabrication constitue donc un argument de poids pour de nombreux secteurs industriels et manufacturiers. A commencer par les emballages, si omniprésents dans notre vie quotidienne. « Les enjeux environnementaux, c’était hier, assure Nicolas Koutros. L’enjeu de demain [pour l’emballage] repose sur l’intégration de protections sanitaires. Les effets du Covid-19 sur les habitudes de consommation devront être pris en compte par les industriels. » Trop peu présentes avant le début de la pandémie en Chine, les considérations hygiéniques se sont désormais imposées, à la fois dans nos modes de vie mais surtout dans la chaîne de valeur des grandes industries.

Alors que le gouvernement français vient de suspendre la dernière mesure anti-Covid avec l’abandon du masque dans les transports publics, l’utilisation de virucides protecteurs peut prendre le relai des fameux gestes barrières qui ont rythmé ces deux dernières années. C’est aujourd’hui aux objets et aux surfaces de prendre le relai, en limitant leur potentiel de contagiosité. Selon le directeur du laboratoire d’Apprieu, le procédé Bioguard constitue même « un geste barrière complémentaire dont l’efficacité est prouvée ». Tant mieux, tant le retour à une vie normale est désiré par l’ensemble de la population. Et pas seulement en France.

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