Rubrique
Point de vue

FC Nantes, monument en péril

Le FC Nantes vit des heures compliquées depuis le limogeage de Christian Gourcuff, il y a une dizaine de jours. Si son adjoint Patrick Collot a repris les rennes de l’équipe, on sait déjà qu’il ne s’inscrira pas sur le long terme.

Le club, seizième du championnat, qui reste sur une série famélique d’une victoire en sept matchs, tenu en échec par Dijon dimanche dernier et encore battu à Reims ce mercredi, va devoir rebondir rapidement s’il ne veut pas connaître une deuxième partie de saison cauchemardesque.

Pour les supporters nantais, le coupable de cette nouvelle crise sportive porte un nom : Waldemar Kita.

A la présidence depuis août 2007, le patron du FCN est toujours aussi critiqué.

Dans cet article, je vais tenter de décrypter la raison du manque de stabilité chronique qui règne au club canari.

Analyse de la situation.

Gourcuff, la fin d'un mythe

Nous allons d’abord parler de la dernière victime en date : Christian Gourcuff a été remercié après un an et demi passé sur le banc.

Son dernier club aura donc été son premier amour.

Le technicien breton, du haut de ses 64 printemps, a toujours voué un attachement inconditionnel au FC Nantes, grand club formateur et véritable référence du football français du milieu des années 90.

En pré-retraite en août 2019, il a répondu à l’appel de Waldemar Kita et s’est engagé chez les Jaune et Vert.

Peu de gens ont compris cette décision.

Certains ont leur hypothèse et j’avoue que personnellement, je n’ai pas vraiment saisi non plus.

Il n’empêche qu’après quatre mois prometteurs, les canaris pointaient à une jolie quatrième place en championnat et puis tout a progressivement dégringolé.

La machine, si bien huilée jusque là, s’est enrayée à partir de début novembre.

Est-ce l’arrivée du froid qui a gelé les intentions nantaises ?

Ou est-ce - plus crédible peut-être - le début de la crise annuelle d’un club en proie depuis plusieurs saisons à un manque de constance devenu chronique au fil du temps ?

L’explication, ou plutôt les explications, puisque l’éviction d’un entraîneur n’arrive jamais par hasard, on doit la chercher du côté de Gourcuff comme de celui de Kita, les deux hommes ayant chacun leurs personnalités, fortes, bien trempées.

Kita de part sa politique en contradiction avec l’image du club, sa connaissance limitée du football mais également Gourcuff et ses méthodes – il faut le dire – totalement dépassées par la nouvelle génération.

Nous sommes à une époque où le vestiaire prend le pouvoir facilement et gratuitement, alors que le breton fonctionne à l’affect. De l’aveu de certaines sources proches des joueurs, Gourcuff avait ses préférés. Cela n’est pas passé. Les joueurs ont donc créé des clans pour se séparer de leur coach. Le défenseur Jean-Charles Castelleto dit aussi avoir été en totale incompréhension par rapport à l’aspect tactique de ce que proposait l’entraîneur breton, d’où la bouillie de football servie face à Strasbourg voilà deux semaines pour le résultat qu’on connaît (0-4).

Le lendemain matin, Gourcuff était démis de ses fonctions alors qu’il préparait la prochaine rencontre.

Selon un journaliste d’un quotidien nantais réputé, son éviction a été décidée le soir même du match face au club alsacien.

La carrière du finistérien de naissance s’arrête donc là, sur une humiliation à domicile et une alliance contre lui.

A son age et au vu de sa façon de travailler, je crois bien que le clap de fin est arrivé pour lui et à vrai dire, ça ne me surprend pas.

En restant sur ses acquis et refusant de s’adapter à son environnement, il s’est lui même mis hors-jeu.

Il y a quelques mois, j’avais entendu un célèbre journaliste de presse écrite officiant pour une radio de grande écoute dire de Gourcuff qu’il était « aigri » et « fini » pour le haut niveau.

A l’époque, j’avais pris ça pour de la provocation comme le personnage sait si bien le faire mais les mois qui ont suivi lui ont donné raison.

Exit la belle époque de Lorient et le fameux « beau jeu des Merlus » et bonjour la retraite pour lui. Il faut dire que ces différentes expériences au Qatar et en sélection algérienne avaient déjà montré ses limites en matière de management.

C’est assez triste à dire, mais il aura terminé sa carrière de la pire des façons.

La gronde des supporters

Ce n’est pas facile de supporter le FC Nantes en 2020, comme il ne l’est d’ailleurs pas depuis une bonne dizaine d’années…

Une centaine de supporters canaris dont leur voix s’est encore faite entendre dimanche dernier aux abords du stade, criant leur mécontentement avant de se faire disperser par les forces de l’ordre à coups de gaz lacrymogène.

Drôle d’ambiance, mais surtout l’impression de voir l’histoire se répéter année après année, le tout à trois heures d’un match de championnat. Assez incroyable.

J’ai entendu en début de semaine certains journalistes rejeter la faute sur les supporters en question de ne pas avoir su obliger Kita à quitter ses fonctions depuis tout ce temps.

Les choses ne sont malheureusement pas si simples car seul un président a le pouvoir de décider de quitter son poste.

Il propose un divertissement et les gens adhèrent ou n’adhèrent pas, c’est comme ça que se passe le foot aujourd’hui à Nantes.

Dire que ces gens là qui paient leur place sont fautifs alors qu’ils exacerbent leur colère et le font depuis plusieurs années, je trouve l’argument est un poil simpliste.

La question serait plutôt : s’y prennent t’ils de la bonne façon ? Cela mériterait un débat.

Personnellement, pendant la saison que j’ai observé, je n’ai jamais vu une once de violence dans les gradins.

Plutôt de la résignation et une certaine acceptation de la situation mais surtout une passion incommensurable.

Ces personnes qui grondent veulent retrouver leur club car ils ne s’identifient pas au présent, c’est aussi simple que ça.

Mais comme le disait le regretté Guy Sherrer en 2011 (dont je parlerai par la suite), « qui voudrait de ce club aujourd’hui ? Personne, évidemment. »

Déjà fataliste, mais pourtant assez lucide sur la situation.

Etait-ce mieux avant ?

Je me souviens du Nantes de Jean-Claude « Coco » Suaudeau - même si j’étais jeune - de ses joueurs qui ont donné une couleur particulière et laissé une trace indélébile au club dont cette extraordinaire génération qu’était Reynald Pedros, Japhet N’Doram, Claude Makélélé, Nicolas Ouédec ou encore Patrice Loko.

Un collectif hors norme.

Que ce Nantes-là paraît loin.

Une éternité.

Le temps passe et le Nantes d’aujourd’hui, hélas, n’est pas comme le bon vin : il ne se bonifie pas avec l’âge.

Il faut regarder dans le passé pour voir la dernière équipe qui fasse honneur à la tradition, celle de 2001 et le digne héritage du fameux « jeu à la nantaise » si populaire dans le football européen du milieu des années 90.

L’époque de Mickaël Landreau, notamment.

Un titre de champion de France, deux Coupes de la Ligue et un Trophée des Champions glanés entre 2000 et 2003.

Pas mal, il faut l’avouer.

Mais contrairement à leurs brillants aînés, le club s’est liquéfié en l’espace de six mois (entre août et décembre 2001) suite aux départs inattendus de certains cadres et un mercato réalisé dans l’urgence.

De ce fait, l’effectif, dénué de rythme et de dynamique, a rapidement montré ses limites en Ligue des Champions, terminant bons derniers de la deuxième phase de poule de l’édition 2001-2002 malgré quelques belles victoires lors du premier tour, là ou leurs modèles atteignaient cinq ans auparavant les demi-finales de la reine des compétitions.

Entre le Nantes version 1994-1996 et celui de 2000-2004, il n’y a pas photo.

Malgré son côté valeureux, la génération Landreau n’arrive pas à la cheville de celle de Loko et déjà au début des années 2000, on pouvait y voir une certaine ingérence au moment où Kleber Bobin – président de l’époque – fut remplacé par Jean-Luc Gripond via la société Socpresse (on y reviendra plus tard), suivi de l’éviction de Reynald Denoueix du poste d’entraîneur.

Nantes n’a, depuis, plus rien remporté.

Tout sauf un hasard.

Mais je ne peux pas poursuivre cet article sans glisser un hommage à Guy Scherrer, (comme écrit précédemment) décédé il y a cinq ans et considéré pour beaucoup comme le meilleur président que le club ait connu, qui a occupé la fonction entre 1992 et 1996, en plein tourment, malheureusement pour lui.

Denoueix disait de lui qu’il a été « le président parfait compte tenu des circonstances dans lesquelles il est arrivé. »

Scherrer a cependant donné sa démission en Octobre 1996, lassé par les critiques sur sa gestion du club.

Mondialisation et Trading, comment enterrer une tradition

Lors du premier confinement, en mars dernier, j’ai eu l’occasion de voir une vidéo sur les réseaux sociaux de quatre anciens joueurs du FCN parmi lesquels apparaissait Franck Signorino, qui a évolué sous les couleurs canaries de 2005 à 2007.

Son témoignage m’a un peu plus aiguillé sur les raisons de l’effondrement de la Maison Jaune. Selon lui, si l’héritage ne suit pas depuis toutes ces années, c’est principalement à cause de deux choses : la « mondialisation » de l’effectif en pratiquant le trading, chose largement répandue aujourd’hui et le fait de ne pas faire perdurer la philosophie du club prônée par Suaudeau.

Les joueurs sont livrés à eux mêmes et prennent le pouvoir au lieu de faire renaître l’héritage des anciens.

A titre personnel j’ai pu le remarquer à mon arrivée dans la cité des Ducs il y a quelques années en simple observateur au Stade de La Beaujoire.

J’ai eu la chance de débarquer l’année du retour en Ligue 1 des canaris, une très belle expérience.

Cette saison là, j’ai surtout vu du spectacle dans les tribunes plus que sur le terrain.

Exceptionnelle Brigade Loire d’ailleurs, public de tous âges et passionné portant sans cesse son équipe.

Le retour parmi l’élite a fait un bien fou à ces jeunes et moins jeunes spectateurs qui n’avaient vu jusque là pour quelques-uns uniquement la Ligue 2 dans leur vie.

Alors voir leur club de toujours se frotter de nouveau aux gros poissons de Ligue 1 dans leur stade favori, quel régal.

Cela a été une cure de jouvence pour tout le monde et régulièrement cette année là, la BL99 a figuré parmi le Top 5 des meilleurs publics de France et d’Europe.

Mais il est vrai que le niveau de jeu de l’équipe n’a plus rien de commun avec celui qu’on a connu.

D’un jeu basé sur la possession de balle, une forte projection vers l’avant fait de redoublements de passes, nous assistions déjà cette année là à un jeu direct plutôt défensif composé de joueurs limités techniquement comme tactiquement.

Nous sommes donc à des années lumières de ce qui se faisait auparavant et la situation ne s’est guère améliorée depuis.

Retour à Kita, le fossoyeur en chef

Si on en revient à lui, l’ennemi public numéro 1 comme on pourrait le considérer, Waldemar Kita est donc le problème du FC Nantes depuis sa prise de fonction en 2007.

Je ne connais pas le personnage, jamais rencontré ni même croisé.

Mon avis va donc être totalement objectif.

Il faut savoir qu’il avait déjà tenté de racheter le club en 1998 mais l’offre avait été refusée par la direction de l’époque, le projet étant jugé peu crédible.

Il faut aussi savoir qu’avant de s’intéresser à Nantes, l’homme d’affaire franco-polonais a réussi à couler Lausanne Sport qu’il a présidé pendant trois ans (de 1998 à 2001), les soupçons de responsabilité dans la faillite du club helvète se portant vers lui.

Sportivement à Nantes, il connaît depuis treize ans de présidence deux descentes en Ligue 2 mais parvient tout de même à faire remonter le club à chaque fois.

Économiquement parlant, les finances sont dans le vert.

Pas grand-chose de commun par rapport à son expérience en Suisse et même une réussite si l’on regarde dans le sens où sa méconnaissance totale de culture foot ne l'empêche pas de stabiliser le club dans l’élite depuis sept ans.

Waldemar Kita est optométriste de métier, il s’est reconverti dans les affaires et s’il n’est pas très convaincant sur le plan sportif, il a fait fortune avec la société Corneal – entreprise fabricant des lentilles spécialisées - fondée en 1987 avec deux acolytes qui pesait à l’époque plus de 50 millions d’euros et qu’il a revendu en 2006 pour plus du double au laboratoire pharmaceutique américain Allergan.

Jolie plus-value.

Pour reprendre Nantes en 2007, il rachète Socpresse (comme je l’ai mentionné plus haut), dont Serge Dassault est actionnaire à hauteur de 30%, groupe de presse – comme son nom l’indique - qui a disparu aujourd’hui.

Même si l’on est en droit de se demander la raison de son intérêt à devenir propriétaire d’un club de football renommé comme les Jaune et Vert, on peut tout de même avouer que les affaires semblent bien marcher pour le franco-polonais.

Mais la suite est moins réjouissante : cité dans l’affaire dite des « Panama Papers » qui éclate sur les réseaux sociaux en 2016, Kita est soupçonné de fraude fiscale, accusé de détenir des comptes offshore aux Îles britanniques.

La même année, il lance une nouvelle société, Vivacy, avec laquelle il travaille sur un produit destiné à l’allongement du pénis et vise particulièrement le marché chinois.

Si l’on résume tout cela, on peut dire que s’il y a bien un domaine dans lequel Kita joue dans la cour des grands, c’est le business.

C’est en quelque sorte sa Ligue des champions à lui.

Vous noterez qu’on est assez loin de l’univers du ballon rond.

Mais à cette époque, ce ne sont pas moins les accusations que sa défense qui laisse pantois.

Ce ne serait pas lui mais plusieurs homonymes qui détiendraient les comptes en question.

Pas très crédible, vous en conviendrez.

De part ce fait, plusieurs perquisitions auront lieu au centre sportif de la Jonelière ces derniers mois, dont la dernière il y a quelques jours, le matin de l’éviction de son entraîneur.

On a apprit ce jeudi matin via plusieurs médias que ces placements dans les différents paradis fiscaux équivalent à un préjudice de 15 millions d’euros...

Mais malgré ça, Kita ne se démonte pas, il fait sans arrêt preuve d’une assurance sans faille.

L’habitude, sans doute.

Il travaille avec son fils Franck

C’est donc une affaire de famille, une affaire père-fils.

Franck Kita, pour sa part, est depuis quatre ans directeur général délégué et marketing au sein de l’entreprise FC Nantes, créee elle-même en 1992, dont l’existence n’a tenu qu’à l’accord obtenu in-extremis pour le maintien du club en première division et auquel logiquement, le capital a été revu à la baisse suite à la rétrogradation administrative.

Une offre de reprise est bien arrivée sur le bureau des Kita courant 2019, mais les joyeux drilles ont finalement refusé de céder, n’étant pas convaincus par les garanties financières apportées par le potentiel repreneur.

Dans cette relation, le fils travaille donc avec le père de manière très étroite, d’où le surnom qui leur est donné par les supporters, le FC Kita.

Concernant le père, on pourrait comparer sa politique à un certain autoritarisme et une manière de se défendre assez arbitraire, capable d’envoyer les CRS au cas où face à une minorité de supporters en colère ou de faire preuve d’un certain détachement comme pour se dédouaner de toute responsabilité, en atteste le jour de la disparition d’Emiliano Sala.

J’étais présent ce soir là Place Royale, j’ai pu voir l’émotion sur les visages juvéniles des fans, j’ai aussi répondu aux questions de trois journalistes dépêchés spécialement pour l’occasion.

Le joueur était très apprécié. Humble et travailleur.

La sortie de Kita dans les médias le matin même du 19 janvier 2019 a choqué l’opinion. « Sala fait ce qu’il veut, je n’en suis pas responsable » a t’il asséné à une chaîne de télévision bien connue.

Cette affaire est rocambolesque.

Le sujet est encore sensible donc je vais essayer de ne pas trop m’avancer.

On sait que Kita fait affaire depuis longtemps avec des personnes pas très recommandables. Cette histoire d’affréter un petit avion à un pilote dont le passeport est celui d’un autre sans avoir l’autorisation de voler de nuit est assez louche.

Le bon sens aurait été de lui prendre un billet d’avion et il serait arrivé à Cardiff dans les deux heures pour y signer son contrat.

Un contrat à 17 millions d’euros, précisons-le.

Là, le scénario va être bien différent : le joueur traverse la Manche, l’avion s’abîme, disparaît en mer, on retrouve la carlingue et le corps de l’attaquant deux jours plus tard mais aucune trace du pilote.

Quant à celui qui était censé amener au départ l’attaquant de Nantes à Cardiff, un certain David Henderson, il a en fait joué les intermédiaires.

Il fut arrêté quelques mois plus tard, puis relâché. Il sera finalement jugé en 2021 avec comme chef d’accusation d’avoir risqué la sécurité d’un aéronef ainsi qu’avoir tenté de débarquer un passager sans autorisation et permission valide.

Et comme si cela ne suffisait pas, le père de Sala, Horacio, a succombé à une crise cardiaque en avril, soit quatre mois plus tard. Il avait 58 ans.

Quel tragique destin pour une famille dont le fils footballeur faisait la fierté.

N’importe quel président ou membre de la direction aurait été poussé à démissionner suite à cette affaire.

Pour les Kita, il n’en a rien été.

Je crois que quand on est dirigeant de club et qu’on fait face à un tel drame dans lequel on a une part de responsabilité, la moindre des choses est de quitter ses fonctions et de s’excuser auprès de la famille du défunt, au moins pour les paroles maladroites dites à la presse.

Mais ce n’est pas le genre de la maison.

Waldemar, lui-même, se disant pourtant prêt à partir et en même temps ne souhaitant pas le faire, il y a de ça à peine quelques jours.

Paradoxal personnage.

Mais soyons clairs : si le boss nantais partait demain, qui le remplacerait ?

Une tête connue du club avec des moyens limités ou un investisseur privé qui viendrait encore enfoncer un peu plus un club dont les supporters ne rêvent que d’une chose, retrouver une tradition perdue depuis plus de 60 ans ?

Épineuses questions, n’est-ce pas…

Le FC Nantes est un monument du football français en grand danger, espérons qu’il renaisse un jour de ses cendres car comme on dit dans le monde du ballon rond : « Un grand club ne meurt jamais ».

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.