Parcoursup, un progrès selon Blanquer, mais la mobilisation continue
L’ancien ministre reconnaît une plateforme perfectible mais juge risquée sa suppression, au lendemain d’annonces destinées à calmer les lycéens.
En bref
- Le mardi 27 octobre sur franceinfo, Jean-Michel Blanquer a jugé que Parcoursup était un progrès énorme.
- Il avance une baisse de l’échec en première année, de 60 % en 2017 à près de 50 %.
- Le gouvernement a annoncé la disparition progressive de la plateforme d’ici 2028.
- Des organisations lycéennes et étudiantes appellent à poursuivre la mobilisation.
Celui qui a mis Parcoursup en place en 2018 ne cède pas un pouce de terrain. Interrogé sur franceinfo, Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale, a défendu son œuvre au lendemain des annonces censées apaiser la fronde des lycéens, comme le rapporte Sud Ouest.
Un bilan défendu à coups de chiffres
Le mardi 27 octobre, Jean-Michel Blanquer a estimé que « Parcoursup a été un progrès énorme par rapport à la situation antérieure. Toute personne qui passe quelques minutes sur le sujet le voit ». Pour l’étayer, il s’appuie sur l’échec en fin de première année d’études supérieures.
Il juge ce niveau « encore beaucoup trop » élevé, mais décrit une baisse considérable. Il n’en fait pas le seul mérite de la plateforme : « C’est non seulement grâce à Parcoursup mais aussi à la réforme du lycée. » Ces chiffres sont ceux que l’ancien ministre avance lui-même, rapportés par 20 Minutes.
Perfectible, oui, supprimé, non
Jean-Michel Blanquer admet que la plateforme peut être améliorée. Il refuse pourtant l’idée de la balayer : « Par quoi le remplacer ? Je veux qu’on me cite un pays au monde qui aurait quelque chose de mieux que Parcoursup. » Il estime aussi qu’il ne faudrait pas que Parcoursup concentre des angoisses qui ne lui sont pas dues.
Ses critiques visent surtout les partisans d’une suppression pure et simple, dont Jean-Luc Mélenchon, qui avait réclamé l’abolition du dispositif début octobre. Selon lui, une admission sans régulation provoquerait un afflux vers quelques établissements prisés, notamment à Paris, au détriment d’universités moins sollicitées : « on aurait la moitié de la France à Paris ». C’est un scénario qu’il brandit, non une situation démontrée.
Sur les emplois du temps dénoncés par les lycéens, il écrit dans une tribune des Échos qu’ils résultent d’une liberté de choix plus grande et d’une autonomie plus forte des lycées. Pour lui, « ceux qui réclament aujourd’hui une »simplification » réclament en fait une moins grande liberté ».
Ce que le gouvernement a annoncé
Le calendrier des derniers jours se résume ainsi.
- Les ministres Édouard Geffray et Philippe Baptiste annoncent la disparition progressive de Parcoursup d’ici 2028, parmi des mesures destinées à désamorcer plus d’un mois de mobilisation lycéenne.
- Selon 20 Minutes, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, prévoit une « évolution forte » vers plus de transparence.
- La plateforme doit être remplacée, sans que les modalités soient détaillées.
Après plusieurs semaines de blocus et de manifestations de lycéens et d’étudiants, le gouvernement a accepté de travailler sur les points critiqués. Les annonces comprennent aussi l’ouverture de nouvelles places en IUT et BTS, que Jean-Michel Blanquer salue.
La mobilisation ne s’arrête pas
Lundi, l’intersyndicale jeunesse (Fage, Union étudiante, Unef, Union syndicale lycéenne) ainsi que Les Lycéens ! et Renouveau lycéen ont appelé à poursuivre le mouvement malgré ces annonces. Sur France Inter, Anaïs Ella, porte-parole de Les Lycéens !, a plaidé pour que les premiers concernés soient associés : « les lycéens, les étudiants, les syndicats, les professeurs doivent prendre part au travail qui sera fait, il faut qu’ils aient leur mot à dire ».
Mardi matin, les syndicats des personnels de l’Éducation étaient reçus par Édouard Geffray. La passe d’armes autour du dispositif s’était déjà nouée entre Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal, comme nous l’avons détaillé à propos du blocus des lycées.
Photo : Fibonacci Blue from Minnesota, USA / Wikimedia Commons, CC BY 2.0



