À Trappes, un tireur présumé aurait visé « les Noirs et les Arabes »
Interpellé à Coignières après vingt minutes de course meurtrière, Kevin T. aurait dit aux policiers vouloir venger les commerçants touchés le 17 octobre.
En bref
- L’attaque du vendredi 23 octobre à Trappes et La Verrière a fait un mort et cinq blessés.
- Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinats et tentatives d’assassinats à caractère terroriste.
- Quatre proches du suspect sont en garde à vue, dont sa mère.
- Un dispositif de piégeage a été découvert à son domicile de Plaisir.
Kevin T., 39 ans, soupçonné d’avoir tué une personne et blessé cinq autres le vendredi 23 octobre à Trappes et La Verrière, aurait dit aux policiers qui l’ont arrêté vouloir s’en prendre « aux Noirs et aux Arabes ».
Une course meurtrière d’une vingtaine de minutes
Les événements ont eu pour cadre deux villes des Yvelines. L’homme soupçonné a été arrêté à Coignières, au bout d’une errance armée d’environ vingt minutes, selon La Depeche.
L’homme tué se nomme Pengo Bossio Wangi, 26 ans, qui pratiquait le MMA. Une fillette de 12 ans compte aussi parmi les personnes touchées : atteinte de plusieurs balles et gravement blessée, elle a été conduite à l’hôpital Necker, à Paris. Samedi, le Parquet national antiterroriste (Pnat) indiquait qu’elle restait « toujours en urgence absolue ».
Des propos rapportés par Le Monde
Selon Le Monde, repris par Midi Libre, le suspect aurait prononcé ces mots devant les premiers policiers intervenus, avant son audition formelle. Il aurait en outre dit se réjouir d’avoir « vengé les commerçants » dont les boutiques avaient subi saccages et pillages pendant les manifestations du 17 octobre. Ces propos sont relayés au conditionnel et n’ont pas fait l’objet d’une vérification directe.
« Attentat à connotation raciste »
Emmanuel Macron, vendredi soir
Le président de la République a aussi affirmé que le suspect avait « assumé son acte ». Les propos attribués à l’homme confortent la piste raciste, privilégiée par les enquêteurs.
Ce que contenaient son domicile et ses poches
La perquisition à Plaisir, où vivait le suspect, a mobilisé le RAID et des démineurs. Voici ce qui a été relevé :
- un dispositif de piégeage fait de trois bouteilles de gaz, de fils électriques et d’un minuteur ;
- un exemplaire de Mein Kampf, selon Le Monde ;
- sur lui, lors de l’arrestation : de la cocaïne, des bombes lacrymogènes et un pistolet-mitrailleur britannique Sten MK II.
Enquête antiterroriste et gardes à vue
Une enquête pour assassinats et tentatives d’assassinats en lien avec une entreprise terroriste a été ouverte par le Pnat, assortie d’une circonstance aggravante tenant aux mobiles racistes supposés. Les enquêteurs examinent si l’individu entretenait des relations avec des mouvances d’ultradroite ; à cette heure, aucun élément ne le confirme.
Sa garde à vue, qui peut durer 96 heures, a été prolongée samedi. Quatre membres de son entourage familial et amical ont aussi été placés en garde à vue, dont sa mère. Selon Midi Libre, celle-ci aurait contacté la police après l’arrestation de son fils.
Né en 1987, le suspect était connu pour des vols, des infractions liées aux stupéfiants et une conduite sous l’emprise de l’alcool. Son casier comportait quatre condamnations « réhabilitées de plein droit », selon le Pnat, et il n’était pas fiché S.
Illustration générée par IA



