Blocus des lycées, Mélenchon accuse Attal sur Parcoursup
Le leader insoumis relie la colère lycéenne à Parcoursup et vise Gabriel Attal, qui riposte sur X avant deux meetings concurrents tournés vers les jeunes.
Jean-Luc Mélenchon accuse Gabriel Attal d’avoir nourri la révolte lycéenne en raison de Parcoursup, et l’ex-Premier ministre lui a répondu samedi en fustigeant son cynisme.
En bref
- Jean-Luc Mélenchon dit tenir Gabriel Attal pour « personnellement responsable » d’une partie de la révolte lycéenne.
- Gabriel Attal a répliqué samedi sur X en dénonçant la démagogie de l’insoumis.
- Le gouvernement a annoncé jeudi l’arrivée de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées.
- Une nouvelle journée d’action lycéenne est prévue mardi.
Parcoursup au cœur de l’accusation insoumise
Le mouvement a démarré à la mi-septembre dans un lycée de Créteil, avant de gagner l’ensemble du territoire. Depuis, la plateforme d’orientation qui répartit les bacheliers dans l’enseignement supérieur concentre une large part de la colère exprimée par les élèves. C’est sur ce terrain que le fondateur de La France insoumise a choisi de porter le fer.
Interrogé par le groupe Ebra, il a affirmé considérer son adversaire comme « personnellement responsable » d’une partie de la contestation. Son argument tient en une ligne : selon lui, Gabriel Attal aurait été le rapporteur du texte de loi qui a donné naissance à Parcoursup. Il s’agit d’une accusation politique, formulée par un candidat à l’Élysée qui entend faire de la plateforme un marqueur de la campagne présidentielle.
La réplique est venue samedi, sur le réseau X. Gabriel Attal y reproche à l’insoumis d’ériger la démagogie en programme, puis l’interpelle directement.
« Votre cynisme est une insulte à l’avenir de notre jeunesse »
Gabriel Attal, ex-Premier ministre
Remplaçants, maintien de l’ordre et prises de position
Au sein de l’exécutif, la première réaction a consisté à mettre l’accent sur les débordements et à reprocher à LFI de récupérer la mobilisation. Le ton a ensuite évolué : jeudi, le gouvernement a annoncé que 3 000 professeurs remplaçants rejoindraient les lycées.

La veille, mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait défendu la façon dont le maintien de l’ordre est conduit, tout en reportant à la fin octobre les décisions sur ce sujet. Il a profité de la même intervention pour annoncer des mesures sur le prix du gazole et sur la stabilité des tarifs de l’électricité.
Les autres prétendants à l’Élysée se sont positionnés chacun à leur manière. Bruno Retailleau, candidat des Républicains, a regretté la suspension des grenades assourdissantes. Édouard Philippe a pour sa part reconnu jeudi des « revendications légitimes et importantes », concernant Parcoursup et la santé mentale des jeunes. Côté insoumis, le coordinateur Manuel Bompard assure : « Nous portons l’ensemble de leurs revendications dans notre programme ».
Sur la dynamique du mouvement, les signaux divergent. Une source de l’exécutif a évoqué vendredi une « nette décélération », alors qu’une nouvelle journée d’action est déjà programmée pour mardi.
Deux meetings pour capter le vote des jeunes
La passe d’armes s’inscrit dans une bataille électorale où l’écart est net chez les plus jeunes. D’après un sondage Ipsos-BVA réalisé notamment pour Le Monde, voici comment se répartissent les intentions de vote des 18-24 ans certains d’aller voter.
Les deux protagonistes de l’échange se succèdent ce week-end dans deux salles distinctes.
| Candidat | Jour | Lieu |
|---|---|---|
| Gabriel Attal | samedi | Amphithéâtre 3 000, Lyon |
| Jean-Luc Mélenchon | dimanche | Zénith Auvergne, Clermont-Ferrand |
Selon son entourage, cité par Midi Libre, Gabriel Attal centrera son intervention lyonnaise sur l’éducation et la jeunesse. Il doit y avancer des propositions pour un nouveau pacte destiné aux jeunes, et reprocher à LFI de les instrumentaliser, au Rassemblement national de les essentialiser.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Saral Shots. Licence : CC0.



