Plus d’un tiers des femmes tuées par leur conjoint avaient déjà subi des violences

Plus d’un tiers des victimes avaient déjà subi des violences et seules deux étaient protégées par un dispositif, selon l’étude du ministère de l’Intérieur.

Camille Delmas Par Camille Delmas
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Plus d’un tiers des femmes tuées par leur conjoint avaient déjà subi des violences
Plus d’un tiers des femmes tuées par leur conjoint avaient déjà subi des violences : des personnes se recueillent de nuit avec des bougies, image d’illustration.

En bref

  • Le bilan officiel de 2025 recense 111 femmes tuées par un conjoint ou un ex-conjoint, en hausse sur un an.
  • Plus d’un tiers des victimes avaient déjà subi des violences, et la majorité de ces cas avaient été signalés aux forces de l’ordre.
  • Les faits se produisent surtout au domicile, souvent après une dispute ou une séparation non acceptée.
  • Les collectifs, qui n’utilisent pas la même définition, arrivent à des totaux différents.

Le ministère de l’Intérieur publie chaque année une étude nationale consacrée aux morts violentes dans le couple. Celle qui porte sur 2025, dont rend compte HuffPost France, constate une progression des féminicides conjugaux. Elle décrit aussi le profil des auteurs et le passé des victimes.

Un bilan en hausse sur un an

111femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025
136morts violentes au sein du couple enregistrées par les forces de l’ordre
435tentatives d’homicide au sein du couple

Le nombre de victimes féminines progresse de 4 % d’une année à l’autre. Pour 2024, l’étude annuelle du ministère avait compté 107 féminicides conjugaux, un chiffre déjà orienté à la hausse.

Sur l’ensemble de 2025, les forces de l’ordre ont enregistré 136 morts violentes dans les couples. Vingt-cinq des personnes décédées étaient des hommes, soit 19 % de moins d’après Midi Libre. Les femmes constituent donc 82 % de l’ensemble des victimes, d’après l’étude. Le bilan annuel établit qu’un décès est enregistré, en moyenne, tous les trois jours au sein du couple.

À ces décès s’ajoutent 435 tentatives d’homicide dans le cadre conjugal recensées la même année. Le texte officiel précise que la victime type est très majoritairement une femme.

Des victimes souvent déjà connues des services

Parmi les femmes tuées, 37 % avaient auparavant subi des violences. Dans 61 % de ces situations, la victime avait alerté la police ou la gendarmerie, et 88 % de celles qui l’avaient fait avaient ensuite déposé plainte.

Seules deux victimes bénéficiaient d’une mesure de protection. L’une disposait d’un « téléphone grave danger », dispositif de protection judiciaire. L’autre avait un bouton d’alerte « Monshérif », qui prévient discrètement des contacts choisis à l’avance et leur transmet la localisation.

Lieux, armes et contexte des faits

L’étude décrit ainsi les circonstances des meurtres :

  • pour 76 % des féminicides et homicides conjugaux, le drame a eu lieu là où vivait le couple, que ce soit chez la victime ou chez l’auteur ;
  • 52 faits ont impliqué une arme blanche et 30 une arme à feu ;
  • une dispute précédait 26 % des faits, tandis que 22 % relevaient d’une séparation que l’auteur n’acceptait pas ;
  • neuf infanticides ont été commis alors que le couple était marqué par un homicide ou des violences conjugales.

Toujours selon l’étude, l’auteur type est un homme, le plus souvent en couple, de nationalité française et n’exerçant pas d’activité professionnelle. Son âge médian est de 50 ans. La tranche des 30-39 ans ressort nettement, alors que celle des 70 ans et plus recule par rapport à 2024.

Pourquoi les décomptes divergent

Les collectifs ne retiennent pas toujours le même périmètre que l’étude officielle, ce qui donne des totaux très éloignés pour une même année.

Source Féminicides en 2025
Collectif Féminicides par compagnons ou ex 98
Nous Toutes (décompte au-delà du couple) 171

Selon l’étude, la dispute au sein du couple et la séparation non acceptée demeurent les principaux mobiles du passage à l’acte. Les faits sont commis en majorité sans préméditation, principalement avec une arme blanche ou une arme à feu.

Photo : Alfo Medeiros / Pexels

Camille Delmas

Le fait passé sous presse

Camille Delmas

Camille Delmas a commencé comme correspondante locale pour un quotidien régional, entre conseils municipaux et inaugurations. Chez Encrage, elle suit l'actualité générale et le divertissement, séries et sorties culturelles comprises. Elle précise toujours d'où vient une information et à quelle date elle a été confirmée. Elle écoute des podcasts d'histoire pendant ses trajets à vélo.