Rubrique
Actualités

La campagne régionale, antichambre numérique pour la présidentielle ?

A huit mois de la présidentielle, la campagne des régionales se transforme en laboratoire numérique ou chacun teste et analyse des innovations pour sa communication digitale… en vue de 2022.

 

Meeting à 360 degrés, communication sur Instagram et TikTok, visioconférences… Les candidats pour les régionales de juin prochain font preuve d’inventivité pour toucher un public plus large en temps de crise sanitaire. Cette campagne des régionales pourraient donc servir de support de test grandeur réelle pour la campagne de l’élection présidentielle de 2022.

A la mi-avril, le Parlement a approuvé le maintien des élections régionales et départementales les 20 et 27 juin prochains. Depuis cette confirmation, les candidats intensifient leur campagne, qui est cette année principalement numérique.

 

La France insoumise pionnière à l’échelle nationale

Le parti de La France insoumise est pionnier dans l’utilisation du numérique dans leurs campagnes. On se souvient des hologrammes de Jean-Luc Mélenchon lors de meetings simultanés, quand il visait l’Elysée en 2017. Ce dernier a, depuis la dernière élection présidentielle, fait évoluer cette innovation puisqu’il propose désormais des meetings entièrement numériques et en réalité augmentée.

Ce 22 avril, le même parti a annoncé lancer une application baptisée Action populaire. Elle est présentée comme étant « le nouveau réseau social d’action » de la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2022. Cette application est aussi un bon moyen de récupérer et d’accumuler des mails et numéros de téléphone. Des données bien utiles en vue de 2022. Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas arrêté là et a aussi récemment ouvert des comptes sur les plateformes qui sont à la mode, particulièrement chez les jeunes, comme Twitch ou TikTok.

 

Le paysage politique innove

Les membres de la majorité ont proposé des nouveaux formats innovants pour leur campagne aux régionales. A commencer par Laurent Pietraszewski, l’ancien « Monsieur retraite » du gouvernement, qui est candidat LREM dans le Nord. Celui-ci a lancé un format court, baptisé « Deux minutes pour convaincre ». Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées donne des meetings à 360 degrés depuis son appartement parisien. Ces rassemblements, diffusés sur Facebook et Youtube, permettent à chacun de visiter le salon d’un membre du gouvernement à 360 degrés, tout en participant à un meeting politique.

L’idée a fait son chemin dans la majorité puisque que le marcheur Bruno Bonnell, qui est candidat en Auvergne Rhône-Alpes, mène une campagne « phygitale », contraction de physique et digitale. Le député du Rhône a organisé récemment un multiplex, participant à 13 visioconférences. Ces réunions virtuelles lui permettent de s’adresser aux électeurs du Cantal comme à ceux d’Annecy. « Chaque visio est un match. Les questions affluent de partout, ça tire tous azimuts », raconte-t-il.

Matthieu Orphelin et Karima Delli dans un train virtuel parcourant les Pays de la Loire. © EELV

Dans l’opposition aussi on innove, en mettant l’accent sur la réalité augmentée. Matthieu Orphelin, candidat en Pays de la Loire a pris un train virtuel avec Karima Delli, tête de liste de la gauche dans les Hauts-de-France, en faisant des arrêts à cinq endroits différents. « Ça touche beaucoup de gens en peu de temps et c’est plus sympa que Zoom. Mais on n’a pas le frisson des grands meetings », estime le député du Maine-et-Loire. Il fera bientôt une balade virtuelle à vélo le long de la Loire.

Du côté du Parti socialiste, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, est chargée de faire remonter à Anne Hidalgo, maire de Paris et potentielle candidate à l’élection présidentielle de 2022, les formats numériques les plus pertinents. La candidate à sa propre succession compte investir dans les semaines à venir Twitch, TikTok et Snapchat.

Néanmoins, la communication digitale a ses limites. Tous les électeurs ne sont pas sur TikTok ou bien Twitch. Chaque candidat, ne doit donc pas laisser de côté la presse locale et régionale, s’ils veulent toucher le plus de personnes possibles. La fracture numérique est bien présente entre les générations et elle doit être prise en compte par tous les candidats.

 

Antonin Albert

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.